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Point de vue de Laurent Escobar, Adéquation

Comment élever la valeur d’usage des logements par le “vivre ensemble”

Le “vivre ensemble” n’est pas juste un lieu commun du moment. Il devient un argument de vente, qui pourrait bien se généraliser plus rapidement qu’attendu.

© YakobchukOlena / Fotolia

Espace, lumière, confort thermique, performance énergétique, volumes atypiques, pièce en plus… Les leviers à actionner pour élever la valeur d’usage des logements, notamment dans les secteurs où celle de l’adresse n’est pas établie, sont nombreux.

Suffiront-ils durablement à convaincre les primo-accédants ? Peut-être pas. On voit de plus en plus de promoteurs prendre très au sérieux une autre valeur montante : la qualité du “vivre ensemble”, qui séduit en particulier les jeunes générations, le marché de demain.

Vivre ensemble, c’est d’abord se rencontrer.

D’où l’importance cruciale du partage de l’espace. Si de grands balcons procurent une indiscutable valeur aux logements, des toits terrasses partagés rendent possibles d’autres usages, la convivialité entre voisins en plus. Si l’on monte encore d’un cran, des espaces verts mutualisés entre plusieurs résidences permettent de créer un bien rare : un grand jardin. Il devient naturellement le support d’activités partagées : jeux d’enfants, sport, jardinage, pique-nique…

Les opérateurs immobiliers qui savent prendre en charge des projets globaux intégrant la conception des espaces publics ont un atout non négligeable en main : ils peuvent ainsi décliner une même philosophie du logement au quartier, et rendre le “vivre ensemble” particulièrement lisible pour leurs clients.

Intégrer au projet une dimension servicielle co-gérée est un excellent moyen d’élever à la fois la valeur d’usage et la qualité du “vivre ensemble”

Un grand nombre de services – conciergerie, garde d’enfants, aide aux personnes âgées, achats groupés, cours et loisirs, co-voiturage, entretien et réparations…– présentent un fort intérêt potentiel à l’échelle d’un quartier ou d’une résidence. Y compris, et peut-être surtout, par les liens sociaux qui se créent entre les habitants dans les cas où ils s’organisent eux-mêmes pour produire tout ou partie de ces services, bénévolement ou non.

Des promoteurs expérimentent aujourd’hui de tels projets en rémunérant des animateurs spécialisés. Leur rôle est d’initier des services ou activités avec les habitants en préparant un passage de relais au bout de quelques années.

Corollaire : il est réellement malin d’associer les clients à la conception des projets

On peut alors, comme dans l’habitat participatif, adapter les espaces à leurs attentes et préparer très en amont la mise en place des activités à partager. De nouveaux acteurs du marché se sont emparés de cette idée et proposent des méthodes radicalement nouvelles de “recrutement” des acquéreurs avant même le stade de la conception architecturale. Ce n’est d’ailleurs pas le seul avantage de cette innovation, nous y reviendrons.

Un changement de regard sur la valeur d’usage du logement ouvre la porte à des innovations dans la conception ou le process des opérations. Mutualisation des espaces, ingénierie de service et co-conception font leur chemin. Les changements seront certainement plus rapides qu’on le pense.

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