Point de vue de Alain Philip, Métropole Nice Côte d'Azur

Mon Nice du futur

Directeur général des services techniques au sein de la Métropole Nice Côte d’Azur, Alain Philip décline l’ambition impulsée par Christian Estrosi. Pour cet architecte de formation, la mission revêt des allures de triptyque : stratégie, projets, enjeux…

La Place Méridia © Christian Devillers et Associés

Attractivité : quelle stratégie ?

En 2008, Nice Côte d’Azur se trouvait dans une configuration où son attractivité pouvait être menacée car les fondamentaux de son économie reposaient principalement sur deux piliers – le tourisme et l’économie résidentielle. Or, le tourisme est une activité en pleine mutation, avec le glissement d’une offre de loisirs balnéaires vers une offre de tourisme d’affaires. Par ailleurs, l’économie résidentielle générait une forte consommation d’espace ainsi que des besoins importants en matière d’équipements et de services dans une équation foncière particulièrement contrainte.
Deux risques menaçaient alors l’attractivité du territoire : faire de Nice Côte d’Azur un espace fortement « consommé » avec des impacts préjudiciables sur le plan environnemental et donc sur un élément déterminant de notre attractivité ou à l’opposé une « mise sous cloche » du territoire avec pour principales conséquences une forte ségrégation économique et sociale. Deux « non stratégies » nécessairement perdantes.
 
Décision a donc été prise de mettre en place une véritable stratégie économique intimement liée à l’aménagement du territoire reposant sur le renforcement de nos points d’attractivité mais aussi sur leur diversification tout en mettant à niveau la structure de l’offre en matière d’équipements métropolitains. Comment ? En réorientant et en renforçant l'économie vers un tourisme d’affaires plus ciblé d’une part et vers le développement d’industries liées à l’innovation, aux smart cities et à « l’économie verte » et enfin à la santé. Dans le même temps, cette stratégie a consisté à créer les conditions d’accueil et de vie sur le territoire permettant aux populations de s’y installer mais aussi d’y demeurer durablement.
 

Attractivité : quels projets ?

L’organisation de la gouvernance aura été la première traduction en même temps que le support de cette stratégie, avec la mise en place de la première métropole de France, en janvier 2012, avant même que la loi impose aux territoires français les regroupements métropolitains.
 
La deuxième, porte sur la fixation d’un calendrier réellement opérationnel sur le court et le moyen termes.
 
La troisième sur la mise en place des outils adaptés d’aménagement, de planification et de gestion des projets. Cette stratégie s’incarne en particulier dans l’opération d’intérêt national de la Plaine du Var. Avec ses 10 000 hectares, ce site représente le dernier grand espace mutable de la Côte d’Azur offrant une logique de complémentarité entre le littoral, la montagne et le haut du pays. Là aussi l’organisation de la gouvernance aura été déterminante pour sa mise en œuvre avec la création d’un établissement public d’aménagement réunissant l’État, la Métropole, et les collectivités territoriales concernées.
 
Aux côtés de cette OIN, plusieurs autres pôles ont émergé. À l’Est, une vaste opération de renouvellement urbain est venue donner un second souffle au tissu bâti et à l’empreinte artisanale. Sur ce territoire en capacité de mobiliser 300 000 m2 shon mutables, le virage de la santé a été pris avec l’implantation de l’hôpital Pasteur, du Pôle européen de la santé, de l’université et de la culture, notamment sur le site des anciens abattoirs.
 
En centre-ville, toute une série d’opérations ponctuent le renouveau du cœur de Nice comme la création de la promenade du Paillon, la refonte de l’axe nord-sud via l’avenue Jean-Médecin en renforçant le caractère piétonnier de cet axe ; l’objectif vise à créer de véritables polarités urbaines, qualitatives et attractives : autour de la gare centrale Thiers avec un ambitieux projet d’hôtel cinq étoiles, de commerce et de salle de spectacle, dans le périmètre de l’ancienne gare des chemins de fer de Provence avec la création d’un pôle d’animation comprenant du logement, des commerces, un complexe cinématographique et des équipements publics venant compléter et renforcer l’attractivité du plus grand marché aux fruits et légumes de Nice.
 
Un schéma de transport et de déplacements approuvé dès 2009, reposant sur l’intermodalité, le développement des modes doux, l’essor des transports en commun, assure le lien et le support indispensable au développement et à la réussite de ces projets.
 

Attractivité : quels enjeux ?

La condition et l’enjeu de ce projet global résident dans sa capacité à être opérationnel rapidement en s’appuyant et en valorisant les atouts propres à la Métropole Nice Côte d’Azur. Aller vite, poser les bases, développer, réorienter, ajuster, animer, développer… telles sont les préoccupations constantes de la métropole au service de cette ambition pour laquelle la collectivité a mis à disposition l’ensemble de ses ressources et de ses atouts.