Paris-Saclay met l’immobilier au service de l’innovation

Nommé par la MIT Technology Review comme l’un des huit principaux pôles d’innovation dans le monde, Paris-Saclay accueille 40 % de la recherche publique et 40 % des activités de R&D privées de la région parisienne, en rassemblant tant les grands groupes, les start-up que les universitaires. À l’aube du Grand-Paris Express, dont la ligne 18 irriguera le territoire, les opportunités immobilières foisonnent.

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À travers son opération d'intérêt national, Paris-Saclay souhaite créer un cluster scientifique et technologique tourné sur l'innovation. « 15 % de la recherche française, tant académique que privée, est réalisée aujourd’hui sur le territoire de Paris-Saclay, de Saint-Quentin-en-Yvelines à Courtabœuf, de Massy en passant par Vélizy et Versailles-Satory, explique Vincent Delahaye, vice-président du conseil d’administration de l'EPA Paris-Saclay et sénateur-maire de Massy. Nous avons donc un énorme potentiel que nous voulons valoriser avec du bureau et des logements, afin de faire de ce territoire une Silicon Valley à la Française. »

Un campus urbain sous le signe de l’innovation Au cœur de la démarche d’innovation du territoire, le campus urbain de Paris-Saclay abrite, sur les communes de Palaiseau, Orsay et Gif-sur-Yvette, des établissements universitaires de l’université Paris-Saclay (CEA, INRIA, CentraleSupélec, université Paris-Sud, École polytechnique…), des centres de R&D privés (DanoneThalesEDF…), des start-up, des installations de recherche et des plates-formes technologiques majeures. « Malgré une orientation très forte vers la recherche académique, puisque ce site accueille les établissements d’enseignement supérieur ayant rejoint le territoire, le projet cherche également un équilibre entre les fonctions, avance Philippe Van de Maele, directeur général de l’EPA Paris-Saclay. Un tiers de la surface est prévu pour l’enseignement supérieur et la recherche, un autre pour les activités économiques et le dernier pour du logement. »

Réalisé sur deux zones d’aménagement concerté, le quartier de la Vauve et celui de Moulon, le programme prévoit près de 2 millions de m², soit 546 000 m² consacrés à l’enseignement supérieur et à la recherche, 600 000 m² au développement économique, 452 000 m² aux logements familiaux et étudiants ainsi que 86 000 m² de services, commerces et équipements publics et culturels de quartier. Desservi par trois gares de la future ligne 18 du Grand Paris Express, le campus accueillera ainsi d’ici 2025 plus de 20 000 chercheurs et enseignants, 30 000 étudiants, 20 000 employés et environ 15 000 habitants. « Nous croyons à ce territoire et sommes convaincus qu’il s’agit d’un secteur en forte expansion, dont le développement coïncidera avec celui de la nouvelle économie », estime Philippe Lemoine, directeur général de la Société de la Tour Eiffel 55.95€ | +0.27% , qui a réalisé à Orsay une opération de 17 000 m² et attend un permis de construire pour 13 000 m² supplémentaires.

Saint-Quentin-en-Yvelines attire les entreprises de pointe

Avec un parc immobilier de 4,6 millions de m2, Saint-Quentin-en-Yvelines est appelé à jouer un rôle important pour le développement de Paris-Saclay. Deuxième pôle économique de l’Ouest francilien, avec ses 16 000 entreprises et 5 filières d’excellence, accueillant de grands utilisateurs tels que le Technocentre Renault ou Bouygues Challenger, la ville compte plus d'une cinquantaine de grands utilisateurs occupant des espaces supérieurs à 5 000 m². Elle entend profiter de ce dynamisme pour impulser sur le territoire la transformation de son offre immobilière. « Paris-Saclay est pour nous essentiel, puisque les entreprises ont besoin de pouvoir se connecter aux laboratoires et aux connaissances scientifiques présentes sur le plateau pour accélérer leur développement, explique Anne Fahy, directrice générale adjointe en charge du développement économique à Saint-Quentin-en-Yvelines. Nous souhaitons donc développer près des nouvelles gares de la future ligne 18 – comme Saint-Quentin Est – un immobilier correspondant aux besoins des entreprises de la nouvelle économie, en insérant des bureaux au sein d’un environnement où il est agréable de se divertir. »

Les acteurs immobiliers n’ont pas attendu la ligne 18 pour s’intéresser à Saint-Quentin-en-Yvelines, comme en témoigne son taux de vacance de 6,7 %, divisé de moitié au cours des sept dernières années. Avec seulement 100 000 m² de bureaux disponibles, la ville a su attirer les opérateurs immobiliers, à l’image d’Akera Développement, qui transforme actuellement l’International, premier immeuble de bureaux construit sur la ville nouvelle en 1976. « C’est une opération exemplaire de par la synergie que nous avons pu découvrir entre la collectivité de Saint-Quentin-en-Yvelines, la mairie de Montigny et nous, estime Philippe Rayé, président d’Akera Développement. Nous espérons poursuivre notre développement sur ce territoire, où il y a encore un grand potentiel de restructuration d’actifs. »

Vélizy prêt à accueillir les grands comptes

L'arrivée du tramway a permis à Vélizy d'être maintenant à quelques minutes de toutes les gares de Paris comme de Versailles, dynamisant son activité et son développement économiques. Près de 260 000 m² de bureaux neufs ou restructurés ont ainsi été livrés à Vélizy au cours des dix dernières années. « Vélizy représente aujourd'hui près de 140 000 m² de bureaux disponibles, dont la moitié tient à deux libérations d'immeubles récents ou restructurés, qui devraient connaître des locations prochainement, explique David Bournat, directeur équipe agence Île-de-France Sud JLL. La ville compte une offre de qualité, avec 40 % de surfaces neuves ou restructurées, et de taille, puisque près de 100 000 m² de la surface disponible sont situés dans de grands immeubles. »

Avec ces opérations XXL, Vélizy a su s’attirer les faveurs de grands utilisateurs. Offrant 835 000 m² d’immobilier tertiaire, le quartier d’affaires Inovel Parc regroupe de grands comptes tels que PSA Peugeot CitroënDassault SystèmesThalesEiffage et Safran, travaillant en interaction avec le pôle académique du sud du plateau de Saclay. Si les opérations neuves y sont actuellement plus rares, David Bournat demeure optimiste devant son potentiel immobilier : « L’offre y est rapidement mobilisable pour les grands utilisateurs et les succès récents, telle que l’installation de la société Siemens, nous font dire que l’année immobilière de Vélizy devrait également se terminer à un niveau supérieur à celui de 2016. » En accordant 1,5 Md€ pour les projets immobiliers universitaires et 1 Md€ pour les laboratoires et équipements d’excellence, l’État français signifie clairement son soutien au projet porté par l’EPA Paris-Saclay. En réunissant les acteurs territoriaux, économiques et immobiliers au sein d’une démarche partenariale, le territoire s’est donné les moyens de ses ambitions, conclut son directeur général adjoint à la stratégie, à la performance et aux nouveaux services, Antoine du Souich : « Paris-Saclay est entièrement focalisé pour devenir un hub d’innovation de rang mondial, aux côtés de la Silicon Valley, de Londres ou de Moscou. Tous les atouts sont aujourd’hui rassemblés pour atteindre cet objectif. »