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L’été en crainte douce

L’été a été souvent meurtrier pour les marchés financiers. Crise des subprimes en 2007 augurant la grande dépression économique de 2008/2009. Crise des dettes souveraines à l’été 2011, préfigurant le double dip qui s’annonce aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et dans la zone Euro. Pour cet été 2012, tous les pompiers sont en alerte, FED et BCE en première ligne, pour étouffer tout départ de feu.

L’immobilier traverse cette période, pour le moins chahutée, de façon hétérogène. Sur le plan géographique d’abord. Si la bulle a bel et bien éclatée aux Etats-Unis, en Irlande ou encore en Espagne. Les marchés sont beaucoup plus volatiles en Grande-Bretagne et relativement résilients en France. Enfin presque. Car tant ils sont divers selon la typologie d’actifs.

Dans l’Hexagone, le logement offre une résistance insensée quand on analyse froidement l’évolution des prix sur les dix dernières années au regard de la croissance des revenus des ménages. Certes, le retournement du marché commence à se dessiner à la vue du décrochage de la production de crédits immobiliers aux particuliers. Mais, avant de s’attaquer aux valeurs, c’est le volume de transaction qui dégringole. Car, le phénomène de rareté – criant dans les grandes agglomérations - ne se gommera pas par simple décret. Aussi, peu d’observateurs anticipent un krach, évoquant tout juste une « correction » des prix, avec l’inéluctable malus pour les territoires dans une faible dynamique d’emploi.

Pour l’immobilier d’entreprise, la lecture est encore plus difficile. La France reste une terre d’accueil pour les investisseurs internationaux. Leurs capitaux affluent sur les actifs de bureaux prime – parisiens de préférence -, masquant la dureté des marchés dits secondaires. Lesquels sont aujourd’hui coincés entre l’inévitable remise à niveau des produits (le décret sur la rénovation du parc tertiaire n’est pas enterré) et une paupérisation de leur clientèle naturelle, les TPE et PME. Dans le commerce, l’incroyable success-story des Champs-Elysées et ses loyers toujours plus délirants, détourne les projecteurs de la santé réelle d’un marché confronté pour la première fois depuis 10 ans à une érosion de la consommation (sans parler du pouvoir d’achat) et l’explosion de e-commerce.

On l’a compris. Les clés macro et micro-économiques sont de plus en plus complexes à appréhender. A notre échelle, Business Immo de vous les exposer. Dans le prochain magazine, avec l’interview de quatre économistes – Jean-Paul Betbèze, Jean-Marc Daniel, Marc Touati et Philippe Waechter, pour comprendre l’environnement économique et financier dans lequel les acteurs de l’industrie immobilière vont évoluer. A l’occasion d’un Matin Business Immo, le 11 septembre, sur le thème : « L’immobilier au cœur de la nouvelle donne en France et en Europe ». Deux évènements à retenir…