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Ce sont les nouveaux rois du marché

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Merci ! C’est en substance ce que peut dire le marché de l’investissement français aux fonds souverains. Grâce à l’appétit non dissimulé des fonds moyens-orientaux, asiatiques et même européens (plus précisément norvégiens), la France peut afficher un volume d’engagement  des plus corrects en cette rentrée 2012. Limite en trompe l’œil. « En France, le volume d’investissement des fonds souverains sur le marché immobilier parisien a atteint près de 4 Mds€ en deux ans, dans un marché soutenu par ces transactions », chiffre Anne-Céline Cambier, auteur d’une étude de l’IEIF (Institut de l’Epargne Immobilière et Foncière) sur « les fonds souverains : l’immobilier français, cible d’investissement ». 4 Mds€ quand, en 2011, ces mêmes fonds injectaient plus de 10 Mds€ dans la classe d’actifs immobilier dans le monde. Des records aux deux échelles…

Après plusieurs années d’observation, la planète France est, enfin, entrée dans le radar de ces fonds d’investissement gouvernementale ou publique. Il était temps… Après avoir fait leurs emplettes à Londres, ils ont, depuis le 3e trimestre 2011, posé leurs valises à Paris. D’abord en se payant quelques belles pièces d’hôtellerie – assimilés à des projets de développement ou redéveloppement, très loin du core auquel ils nous ont depuis habitué – puis, plus récemment, en s’adjugeant, à prix fort, des trophy assets du QCA parisien. En tête des fonds les plus actifs en France : les qataris, Abu Dhabi, Hong Kong et NBIM, représentant Norwegian Government Pension Fund Global. « Pour ces investisseurs réfractaires au risque et raisonnant à long terme, la logique de diversification des cash-flows est plus importante que le point d’entrée dans le cycle. L’immobilier français reste attractif car il a la capacité de superformer la macroéconomie domestique sous-jacente et à préserver, grâce à la rareté patente, la valeur du capital ainsi que les revenus locatifs », explique l’étude de l’IEIF.

Et demain ? Les fonds souverains continueront-ils, en 2013, de miser sur la France ? Affirmatif, assure l’IEIF. « Il est probable qu’une portion significative des investissements immobiliers futurs de ces fonds se dirigera vers l’immobilier parisien, ses actifs de prestige correspondant aux critères de sélection de ces fonds. Les fonds souverains sont donc amenés à jouer un rôle majeur dans l’équilibre du secteur immobilier européen et plus particulièrement français ces prochaines années », conclut l’étude qui avance le chiffre de 10 Mds$ à investir par an dans les cinq prochaines années en moyenne. Des exemples ? Le fonds chinois CIC destine 30 Mds$ à la zone Europe, tous actifs confondus. QIA a réservé une enveloppe de 30 Mds$ en 2012 avec une approche opportuniste. Le fonds d’Azerbaïdjan, un petit nouveau, souhaite investir 1,5 Md$ à l’immobilier européen. De quoi redonner le sourire à un marché de l’investissement qui manque franchement de ressort ? Oui, à condition de pouvoir satisfaire leurs besoins en matière d’actifs core…