Carrières

fmii : qui pour « tâter le cul » des jeunes diplômés de l’immobilier ?

Les visiteurs du fmii s'inscrivent au speed jobbing. © Business Immo

Cette semaine, le gouvernement défile en rang d’oignons au salon de l’Agriculture. Du ministre d’Etat au quelconque sous-secrétaire, tous viennent tous comme un seul homme Porte de Versailles, y compris Sylvia Pinel, dont on a astucieusement collé le vocable « ruralité » à son ministère du Logement. Il y a une dizaine de jours, ils étaient beaucoup moins nombreux à se déplacer au Forum des métiers de l’industrie immobilière en dépit des sollicitations.

Et pourtant ce forum, monté par une PME (Business Immo) en partenariat avec une fondation (Fondation Palladio), avec le concours de la seule entreprise immobilière du CAC 40 (Unibail-Rodamco 210.15€ | +0.22% ) et réunissant les grands acteurs de l’industrie immobilière – dans toute leur diversité – est une photographie assez représentative d’un pan de l’économie française.

Certes, à son échelle. Mais avec plus de 1 500 visiteurs - pour la plupart des jeunes diplômés -, une vingtaine de grandes sociétés immobilières qui recrutent (c’est malheureusement si rare qu’il faut le souligner) et la présence des grandes écoles et universités françaises, ce forum témoigne de l’attractivité de l’industrie immobilière.

Il livre aussi la volonté de transmettre quand Maurice Gauchot, le président de CBRE France (800 salariés au passage), vient parler de sa carrière et des valeurs qui sont les siennes dans sa Master Class. La volonté de conseiller quand, à l’initiative de l’association Génération Immobilier, des dirigeants d’entreprises prennent le temps de venir « coacher » en direct des jeunes professionnels ou en recherche d’emploi. La volonté d’apprendre avec une dizaine de conférences et d’ateliers où le président d’Altarea-Cogedim, celui de Vinci Immobilier ou encore d’Allianz Real Estate se sont déplacés au Cnit. La volonté d’entrer dans le concret quand plus d’une soixantaine d’offres d’emplois est proposée lors de sessions de speed jobbing. La volonté de montrer la voie quand un ancien capitaine de l’industrie immobilière, aujourd’hui président d’une école, vient donner sa vision de l’industrie immobilière. Mais, une volonté que l’on ne retrouve pas dans les arcanes des ministères où pas un seul sous-conseiller n’a eu le temps de se déplacer. On ne parlera pas de fracture, mais de gâchis.

C’est bien de tâter le cul des vaches. C’est aussi sain de venir soutenir des jeunes diplômés dans la recherche d’un premier emploi. Même si celui-ci est dans un secteur « où l’on fait beaucoup d’argent sans trop se fatiguer » à en croire un ancien ministre reconverti à l’économie libérale. L’immobilier est trop souvent considéré comme une vache à lait pour que l’on dédaigne à ce point les milliers de têtes qui composent un troupeau pesant à lui-seul près de 20 % du PIB français.