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Point de vue de Catherine Dargent-Ahlqvist

[POINT DE VUE] L’expert immobilier de demain

Si l’expert immobilier de demain devra conserver son libre arbitre, il ne travaillera plus jamais seul.

Il devra s’appuyer sur de nombreuses autres professions pour que ses conclusions puissent réellement aider son client, et ne pas uniquement constituer un chiffre en bas d’une page.

Voilà le défi qui attend une profession qui, si elle a beaucoup gagné en fiabilité depuis 15 ans (le « à dire d’expert » ne convainc plus et c’est tant mieux), doit aujourd’hui s’adapter à une évolution des réglementations tous azimuts et aux nouvelles préoccupations du marché.

L’expert immobilier était censé pouvoir apprécier toutes les facettes de l’actif, qu’elles soient juridiques, techniques, économiques, et devait émettre les réserves nécessaires lorsque certains facteurs étaient susceptibles d’avoir un impact sur la valeur vénale. Les réserves sont un parapluie bien utile mais peuvent conduire à un raccourci qui affecte significativement la qualité du travail, puisqu’elles permettent de ne pas regarder les sujets.

En effet, déterminer la valeur d’un actif sans évaluer ce que coûtera une mise aux normes de sécurité incendie, des accès aux Personnes à Mobilité Réduite (PMR) ou des performances énergétiques (que ce soit en habitation ou en tertiaire) est insuffisant dans bien des cas. Soit le diagnostic a été fait, et il faut en tenir compte, soit il faut un avis technique sommaire, donné par un professionnel.

De même, il est indispensable d’analyser sérieusement la composante des charges (le bien connu syndrome de la Tour Montparnasse !), car le coût de fonctionnement d’un actif est aujourd’hui devenu essentiel pour un occupant. Là encore, l’avis d’un professionnel devient incontournable.

Certes, le coût d’une expertise risque d’augmenter un peu. Et alors ? Est-ce significatif par rapport aux enjeux, notamment dans le cas où le travail de l’expert doit servir de base à une mise en vente ? Est-ce significatif par rapport au coût d’une intermédiation par exemple ?

Plus que jamais, la valeur se réfugie dans les « détails ». L’expert immobilier ne peut plus se contenter de rechercher des références et de bien connaître le marché, il doit coordonner une réflexion globale.

C’est là d’ailleurs que la RICS, organisation trans-professionnelle, prend tout son sens, car elle est un formidable laboratoire d’échanges et d’idées et elle accompagne la mutation des métiers avec un objectif très fort : la protection du client.

L’expert immobilier de demain s’appuiera sur les autres professions immobilières et son client pourra s’appuyer sur lui. Il deviendra Conseil.

Rics France organise la 2nde édition des « Universités d’été de l’Expertise » qui se tiendra à Paris, les 16 et 17 juillet.

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