Logistique

Le retour des grandes manoeuvres dans l’immobilier

C’est un grand coup de tonnerre dans le secteur de l’immobilier à l’échelle internationale. Dévoilée en milieu de semaine dernière, la fusion entre AMB et ProLogis a été officiellement entérinée le 31 janvier dernier. Elle sera rondement menée puisque le closing de l’opération est attendu pour le 2e trimestre 2011. Emblématique, la fusion entre deux mastodontes de l’immobilier logistique l’est à plusieurs titres.

Elle donne, en premier lieu, le signal des grandes manœuvres dans l’immobilier après une longue période d’accalmie et inaugure une nouvelle ère dans les opérations de fusions/acquisitions en attendant la cession d’ING Reim. Cumulé, le nouveau ProLogis – c’est le nom de baptême du nouvel ensemble – représente une capitalisation boursière de 24 Mds$ pour 14 Mds$ de fonds propres. « La fusion permet de dégager des économies d’échelle de l’ordre de 80 M$ par an », soulignent Hamid Moghadam et Walt Rakowich, respectivement chiefs executive officers d’AMB et de ProLogis.
Deuxième enseignement : le choc des géants accouche d’un mastodonte totalisant un portefeuille de 55,7 millions de m² réparti dans 22 pays et valorisé 46 Mds$.  Les actifs en cours de développement représentent 750 M$ tandis que les développements programmés pour 2011 tangentent 1,5 Md$. Au total, le potentiel futur peut se chiffrer à 2,5 Mds$, de formidables réserves foncières à la clé. Le secteur de l’immobilier logistique ne sera plus jamais comme avant. Désormais, il faudra compter avec un global player et des niche-players.
Cette fusion que les protagonistes s’échinent à présenter comme « à parts égales » consacre la victoire d’un modèle : celui d’un investisseur qui a su maîtriser sa structure financière. Si Hamid Moghadam et Walt Rakowich partagent la co-présidence du nouvel ensemble jusqu’à la fin 2012, c’est bien le patron d’AMB, nommé également chairman du board, qui prendra les rênes du nouveau ProLogis dès 2013. Par ailleurs, William Sullivan, l’actuel chief financial officer de ProLogis, quittera également ses fonctions à la fin 2012. Pendant cette période de transition, c’est Thomas Olinger, l’actuel chief financial officer d’AMB, qui sera en charge de la fusion opérationnelle des équipes. Pour leur part, l’Europe – et l’Asie – seront sous la coupe de Gary Anderson, actuel responsable de l’investment management de ProLogis. Ce n’est pas un inconnu puisqu’il a été en charge de l’EMEA au début des années 2000.