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29 mai 2026 | 16:37 CET

Deux études publiées cette semaine donnent un éclairage instructif sur l’appétit des investisseurs fortunés pour l’immobilier. On peut y déceler quelques inquiétudes, mais aussi se rassurer sur l’attractivité de la pierre auprès de ces investisseurs un peu particuliers.

Au rang des inquiétudes, cette statistique d’UBS qui révèle une baisse de l’allocation immobilière dans les portefeuilles des family offices. Ces derniers ne tournent pas le dos à la pierre, mais en réduisent le poids relatif dans leurs portefeuilles. En cinq ans, l’immobilier est passé de 14 à 11 % de l’allocation stratégique des family offices. Et il ne plus devrait peser que 8 % cette année selon UBS.

En clair, nous dit la banque d’affaires, les family offices veulent réduire les poches pouvant concentrer des risques de liquidité, de valorisation ou de financement.

Pas de panique du côté des investisseurs – ils ne sont que 11 % à évoquer un risque de correction des prix immobiliers dans les 12 prochains mois –, mais une volonté de diversification.

L’une des alternatives à l’immobilier se trouve dans les nouveaux actifs réels : infrastructures, énergie et… data centers. Les privés regardent attentivement le sous-jacent. Et l’IA s’affirme comme le premier thème de l’investissement, avec 65 % des family offices déjà exposés.

Pour se rassurer, une étude de Knight Frank confirme que les ultrafortunés (+30 M$) ont encore une pierre dans le ventre. Une « core passion » comme disent les Anglais, où la dimension patrimoniale, voire émotionnelle, se confronte à une logique plus financière. Et cela les amène à regarder un peu plus loin que le luxe.

En France, ces acteurs privés commencent à peser sur un marché de l’investissement qui, il est vrai, s’est atrophié depuis la remontée des taux d’intérêt. Sur les cinq dernières années, Knight Frank chiffre les investissements des privés à 2,2 Mds€ dans le résidentiel en bloc, à 3,3 Mds€ dans le commerce et à 3,7 Mds€ dans l’hôtellerie.

La capacité de certains – à l’exemple de Pontegadea ou de Batipart – à se positionner sur des dossiers que l’on croyait réservés à de grands gestionnaires d’actifs peut donc rassurer quelques acteurs en mal de transactions.

Autre facteur qui devrait soulager les professionnels. Si l’allocation stratégique à l’immobilier tend à s’éroder chez les grandes fortunes de ce monde, le nombre de riches, lui, continue de progresser. On anticipe 10 000 family offices dans le monde cette année, en croissance de 5 %, et plus de 700 000 ultrafortunés dont le nombre progressera de 6 % par an d’ici 2030.