À la veille de présenter son projet de loi « Relance logement », Vincent Jeanbrun multiplie les déplacements et les interventions auprès des professionnels immobiliers avec l’ambition de constituer une « équipe de France du logement ».
La question est de savoir si cette équipe de France peut passer le 1er tour. Et si son coach – le ministre du Logement – sera le Aimé Jacquet, de France 98, ou le Raymond Domenech de 2010 ?
À l’occasion du conseil des ministres du 24 juin, Vincent Jeanbrun va dévoiler son plan de jeu aux instances dirigeantes qui lèvent (enfin) le sourcil sur l’un des nombreux problèmes qui plombent ce pays : le logement.
Un coach ne peut pas tout, mais on a vu sur d’autres terrains leur capacité à saper le moral des joueurs. Fort heureusement, ceux de l’équipe de France du logement – et de l’immobilier par extension – ne sont pas dans le bus à faire grève. Bien au contraire.
Et ils l’ont prouvé cette semaine à l’occasion du sommet annuel de la Fondation Palladio. Toute la chaîne de valeur de l’industrie immobilière s’est mobilisée pour formuler des propositions qui tournent le dos aux postures dogmatiques – où le spéculateur porte tous les maux – comme aux idées reçues – qui réduisent l’immobilier à un placement improductif.
Mais surtout, il s’agit de propositions à droit constant et qui ne demandent pas le moindre centime de subvention publique. Après tout, l’immobilier rapporte plus de 100 Mds€ de taxes et contributions diverses et en coûte 43 Mds€, essentiellement en aide à la personne.
La démarche de la Fondation Palladio est salutaire et appelle à un nouveau rapport entre les acteurs privés et publics basé sur une confiance réciproque. Laquelle s’est distendue au fil du temps.
Le temps, justement, est compté. On ne va pas revenir sur le constat, mais il est quand même dramatique à la lecture du baromètre d’impact EY-Palladio. Des besoins qui ne sont pas ou mal adressés, avec une pénurie de production de logements et un surplus de bureaux. Une dégradation sans précédent de la productivité de la filière depuis un demi-siècle qui obère la capacité de financement de l’innovation. Une valeur ajoutée de la première industrie de France qui recule et passe sous la barre des 10 % du PIB. Des emplois non délocalisables que l’on détruit.
Il y a urgence à changer de braquet, sans attendre une quelconque élection. Sinon, l’équipe de France du logement, de l’immobilier, de la ville, deviendra une petite équipe locale qui jouera son championnat de district. Sur un champ de patates et devant des tribunes vides.