La rentrée s’est ouverte sous un ciel chargé. Les taux longs sont repartis à la hausse, l'OAT à 10 ans flirte avec des niveaux qui rappellent à tous que l'argent a de nouveau un prix. La croissance française patine, les prévisions macroéconomiques se dégradent semaine après semaine et, à l'approche de l'élection présidentielle, l'incertitude politique achève de brouiller la visibilité des investisseurs et n’en finit plus de flinguer la confiance des acteurs.
Dans ce climat anxiogène, difficile de projeter un investissement immobilier à cinq ans. Difficile même, parfois, d'y croire.
C'est précisément dans ce brouillard qu'une nouvelle génération de décideurs s'apprête à prendre les commandes. Non pas à l’aube d’un nouveau cycle, comme l'immobilier en a connu tant, avec ses hauts et ses bas, mais dans un nouveau paradigme, où les règles d'hier ne s'appliquent plus aujourd’hui.
C'est cette nouvelle génération que le Classement Choiseul Ville de demain met en lumière à chaque rentrée, aux côtés de Business Immo/CoStar et d'Haussmann Executive Search.
Deux cents décideurs d'avenir, tous âgés de moins de 40 ans, qui vont devoir écrire les nouvelles règles du jeu.
Car la grande mutation est là, inévitable, et elle implique d'assumer des renoncements majeurs.
Fini le temps de la construction neuve comme alpha et oméga du modèle économique des développeurs. Place à la restructuration, à la transformation, à la seconde vie des bâtiments.
Fini l'étalement urbain comme horizon indépassable. La densification s'impose désormais comme la réponse soutenable à la pression démographique et à l'impératif ZAN.
Fini le gâchis des mètres carrés. L'intensification des usages, le bureau qui se transforme en résidence, le parking qui se mue en stockage, le commerce qui réinvente sans cesse son format, c'est la nouvelle arithmétique de la valeur immobilière.
Et fini, enfin, la minéralisation triomphante de nos villes. La renaturation n'est plus un supplément d'âme verdoyant, elle devient une exigence de résilience urbaine face au dérèglement climatique.
Autant de renoncements qui vont peser sur les épaules de cette nouvelle génération, laquelle n’est plus celle d'héritiers d'un modèle à perpétuer, mais doit être celle de bâtisseurs d'un modèle à inventer.
Antoine de Saint-Exupéry écrivait que « pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible ». C’est ce que cette génération s’apprête à faire. Ne pas subir un monde incertain, mais le reconstruire, mètre carré par mètre carré.