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11 septembre 2026 | 15:09 CET

L’immobilier, une affaire d’État

La France décroche. Il faut sans doute remonter à ce jour de juin 2024 où quelqu'un a eu l'idée lumineuse de dissoudre l'Assemblée nationale pour situer le point de bascule. Car depuis, l'instabilité politique s'est installée durablement, et l'économie française en paie chaque mois le prix.

Bercy va réviser sa prévision de croissance pour 2026 pour la troisième fois en six mois, vers 0,5 %, quand l'Insee n'y voit que 0,4 %. La France est la seule grande économie avancée à freiner aussi nettement. Elle voit ses revenus d’activités réels reculer pour la première fois depuis 1993.

L'immobilier encaisse aussi le choc de plein fouet, et sur tous les segments. Les promoteurs n'ont vendu que 19 356 logements au 2e trimestre, un plancher historique, tandis que la filière a perdu un tiers de ses emplois en trois ans. Le dispositif Jeanbrun, censé faire revenir l'investisseur particulier, plafonne à 200 ventes mensuelles quand il en faudrait vingt fois plus.

Devant les notaires, Vincent Jeanbrun s'est présenté comme le ministre de la crise du logement. Il pourrait sans forcer le trait étendre le titre à celui de ministre de la crise de l'immobilier tout court. Sa solution pour en sortir tient en deux mots : offre et confiance. Construire plus. Rénover davantage. Rééquilibrer, enfin, les relations entre bailleurs et locataires. Bref, tout ce qui peut permettre de fluidifier le parcours résidentiel.

Le pari peut sembler vain, mais il est lucide, tant l'État, exsangue après des décennies de dérive budgétaire, n'a plus les moyens d'agir autrement qu'en desserrant l'étau réglementaire et fiscal.

Encore faut-il changer de regard sur l'investisseur privé. Gommer l’image du rentier pour le traiter en agent économique. Cesser d'y voir un spéculateur alors qu'il irrigue la première filière industrielle du pays. Lui retirer les bâtons des roues pour remettre un peu d'huile dans les rouages.

Car relancer une filière à l'arrêt, c'est recréer de l'emploi non délocalisable et générer des recettes fiscales, dont le budget 2027 a un besoin criant. À l'heure où plus personne ne croit aux marges de manœuvre de l'État, l'immobilier pourrait bien redevenir l'un des rares leviers de croissance encore actionnables.

Rien qu’à ce titre, aucun candidat à l’élection présidentielle ne peut faire de l’immobilier un sujet périphérique. Il devient un chantier prioritaire.