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Chronique d’une mort annoncée

Le siège du Crédit Foncier à Charenton-le-Pont. © D.R.

Le groupe BPCE a tiré un trait sur le Crédit Foncier. Un trait sur une institution née sous le Second Empire. Un trait surtout sur un modèle : celui de l’établissement spécialisé dans le financement de l’immobilier. La BPCE ne le juge « plus adapté ni compétitif, principalement en raison d’une absence de bancarisation des clients et d’un refinancement exclusif sur les marchés financiers », pour reprendre les termes de son communiqué de presse.

Ce modèle s’est retourné contre lui dès que les taux d’intérêt ont chuté et que la majorité de ses clients sont venus renégocier leurs crédits. Le produit net bancaire du Crédit Foncier, supérieur à 900 M€ sur la période 2006-2011, a chuté dès 2012, pour atterrir à 555 M€ l’an passé. Dans le même temps, la production totale de crédits a été divisé par deux en dix ans, pour tomber à moins de 12 Mds€

Un an après le démantèlement du Crédit Immobilier de France, le Crédit Foncier vient garnir le monument aux morts des établissements de financement spécialisés dans l’immobilier, dont une première vague (UIC-Sofal, La Hénin, UCB, BHE) a été fauchée au début des années 90 au moment de la crise immobilière. Mais c’est surtout la fin du monopole de distribution des prêts aidés à l’accession (les fameux PAP) qui aura fait basculer le modèle de la vénérable institution.

Récupérée par les Caisses d’Épargne  – contre l’avis de Bercy (où l’un des conseillers, François Pérol) et de la Banque de France – le Crédit Foncier aura cru en absorbant à l’été 2003 Entenial, l’ex-Comptoir des Entrepreneurs, retrouver une position dominante. La réalité sera tout autre.

Faute de pouvoir le vendre, BPCE absorbe donc le Crédit Foncier, confirmant que le crédit immobilier reste un produit d’appel pour les banques généralistes françaises. Le Crédit Foncier aurait pu continuer de jouer un rôle dans le financement structuré pour les professionnels, mais sa marque est devenue trop faible, minée de l’intérieure par la Socfim pour les crédits aux promoteurs, Palatine pour la clientèle patrimoniale ou Natixis sur le financement corporate.

Au-delà de savoir s’il y a une place à prendre pour un établissement spécialisé dans le financement immobilier, la véritable question qui se pose est celle de l’alternative aux banques généralistes. L’une des premières réponses se nomme le crowdfunding.

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