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Bas carbone, haute valeur

La résidence Epicea réalisée par Woodeum © Business Immo

La semaine aura été marquée par l’entrée d’Altarea Cogedim au capital de Woodeum Résidentiel, tout jeune acteur de la promotion immobilière ayant fait le pari de la construction bois.

Derrière cette énième opération de rapprochement (et Alain Taravella n’est pas avare d’initiatives en ce moment), c’est un mouvement stratégique d’un opérateur qui ambitionne d’embrasser toute la chaîne de valeur de l’immobilier et de la fabrique de la ville.

Le contexte pour la construction bas carbone – on devrait même ajouter la reconstruction bas carbone – est plus que jamais porteur.

D’abord parce que l’urgence climatique est prégnante et qu’il est de la responsabilité des acteurs de la ville – privés comme publics – d’apporter des solutions. La construction à partir de matériaux biosourcés est un élément de réponse. Pas le seul.

Ensuite, parce que la volonté politique se fait jour. Enfin, diraient certains. Il n’est plus un appel à projets qui ignore la dimension environnementale. « Le béton est au bâtiment ce que le diesel est à l’automobile », aime à rappeler Jean-Louis Missika pour promouvoir la construction bois, piège à carbone par excellence. Il sera aidé par la réglementation à venir qui pousse à l’utilisation de matériaux peu émetteurs de CO2.

Enfin, derrière l’impératif écologique émerge la dimension économique. Pour l’immobilier bas carbone s’ouvre un marché exponentiel, avec des croissances annoncées de 20 à 30 %, gage de création de valeur pour ceux qui auront pris le virage suffisamment tôt. En premiers de cordée, Guillaume Poitrinal et Philippe Zivkovic ont déjà valorisé leur start-up de la promotion en bois de quelque 100 M€, après seulement trois ans d’existence. Et ce, uniquement sur la partie résidentielle. En immobilier d’entreprise, ils ont tout simplement levé 750 M€.

Alain Taravella a rapidement compris la nouvelle donne, avec toujours une vision industrielle qui s’affirme dans la volonté de développer chaque année 2 500 à 3 000 logements en bois d’ici trois ans. « Ce n’est pas un pari, mais une nécessité. » On ne peut être plus clair.

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