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L’urbanisme transitoire, quand la valeur ne peut attendre

L’urbanisme transitoire contribue à dessiner le futur visage de Saint-Vincent-de-Paul dans le 14e arrondissement de Paris © ©Anyoji Beltrando - Diane Berg / PBA

L’exécutif parisien a fait sa rentrée en présentant lundi dernier une charte de l’urbanisme transitoire. Une charte censée donner un cadre à des pratiques de bon sens, initiées la plupart du temps par des opérateurs immobiliers – privés comme publics – le temps d’obtenir toutes les autorisations administratives et réglementaires pour débuter le chantier.

Cette méthode, habile pour éviter squats et dégradations de tous genres, est devenue au fil du temps un laboratoire vivant pour tester de nouveaux usages : collectifs d’artistes, foyers d’hébergement pour des personnes en situation de précarité ou d’exclusion, incubateur de start-up…

« L’urbanisme temporaire fait partie des solutions à déployer à grande échelle dans l’urbanisme de demain », plaidaient Joachim Azan (Novaxia), Simon Laisney (Plateau Urbain) et Loïs Moulas (OID) dans une tribune publiée sur Business Immo en juin dernier. Cette charte peut être un premier élément de réponse si elle ne devient pas une énième récupération politique d’une forme d’incurie administrative. Car plane toujours le risque d’ajouter une couche supplémentaire à un mille-feuille devenu indigeste.

Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris en charge de l’urbanisme, de l’architecture, des projets du Grand Paris, du développement économique et de l’attractivité, justifie la nécessité de cette charte par la volonté de ne pas « geler des mètres carrés » à l’heure où celui-ci flambe dans la capitale. Il ne faudrait pas que cette charte soit juste un cache-sexe des immeubles vides. Après tout, il faut assumer les chantiers quand on a l’ambition de vouloir transformer la ville. Paris n’est pas à une palissade près. La cellule Data du quotidien Le Parisien ne recense pas moins de 8 000 chantiers en cours, dont une minorité (moins de 700) pilotée par la Ville de Paris.

Le temporaire ne doit pas masquer la nécessité de réinventer un urbanisme plus flexible, plus agile, plus souple pour répondre aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux qui se polarisent sur les grandes métropoles.

Et surtout, le temporaire doit rester… temporaire. Le fond du problème est quand même de redonner des usages permanents à des lieux laissés en jachère par une mécanique administrative devenue trop complexe et par conséquent trop lente. L'engagement de « mobiliser les autorités publiques afin d'assurer un examen plus rapide des autorisations » est un peu léger.

Guillaume Poitrinal, coprésident de Woodeum et auteur du livre « Plus vite, la France malade de son temps », rappelait dans un tweet que la décision de fermeture de l’hôtel Saint-Vincent-de-Paul – symbole de la réussite de l’urbanisme transitoire – date de… 2004.

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