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Capitalisme et centres commerciaux

Gontran Thüring, délégué général du CNCC © D.R.

À l’heure où le capitalisme au seul bénéfice de l’actionnaire (version Milton Friedman) est de plus en plus remis en question, qu’en est-il du secteur de l’immobilier commercial ?

Il convient de souligner que celui-ci n’a pas attendu les théories de Thomas Piketty ou de Joseph Stiglitz pour pratiquer un capitalisme qui ne profite pas qu’à l’actionnaire. Il assume en effet depuis longtemps ses responsabilités sociale, sociétale et environnementale.

Responsabilité sociale en matière d’emplois bien entendu (525 000 salariés dont 95 % en CDI) mais également de lien social, ce qu’un écran de smartphone ne pourra jamais produire !

Responsabilité sociétale car l’équipement commercial, ancré dans les territoires, contribue à soutenir leur aménagement en finançant des infrastructures, et leur animation en subventionnant des associations culturelles ou sportives.

Responsabilité environnementale en dépolluant les sols, en faisant appel aux énergies renouvelables, au recyclage des eaux usées et des déchets ainsi qu’en développant récemment des projets d’agriculture urbaine.

Bref, le commerce physique est un bon exemple de capitalisme vertueux au bénéfice des consommateurs et des collectivités.

Qu’en est-il, à l’inverse, du commerce digital ?

À chiffre d’affaires égal, le pure player crée quatre fois moins d’emplois. Quid du lien social entre l’homo sapiens et son écran ? Sans parler des conséquences néfastes sur l’environnement : 365 millions de colis livrés par an, en général suremballés…

Alors que va s’ouvrir la Convention citoyenne pour le climat dont le gouvernement a pris l’initiative pour répondre au mouvement des Gilets jaunes, il faut espérer qu’elle aboutira à reconnaître les effets d’un capitalisme vertueux, à l’inverse d’un modèle déshumanisé et sous-fiscalisé, ne bénéficiant ni au vivre-ensemble, ni à l’aménagement du territoire.