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Allô Papa Tango Charlie

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De quoi la chute de WeWork est-elle le nom ? D’une introduction en bourse repoussée, nous sommes passés à une opération sauvetage. Softbank remet 9,5 Mds$ au pot pour prendre 80 % du capital du spécialiste du coworking – mais sans obtenir la majorité des droits de vote – et éjecte le fondateur Adam Neumann.

La question que tout le marché se pose est de savoir si Softbank met simplement fin à une gabegie d’un entrepreneur, tout aussi génial que fou, qui aura su capter avant tout le monde les signaux faibles des mutations du monde du travail, les traduire dans un concept immobilier et imposer une marque à l’échelle mondiale moins de dix ans après sa création. Mais au prix d’une dette de 22 Mds$ !

Les plus sceptiques y voient l’heure de vérité du coworking, dont le modèle économique n’est pas encore totalement éprouvé, même si certains opérateurs revendiquent leur profitabilité. L’un des défis du nouvel attelage de WeWork sera de trouver le chemin de la rentabilité, en particulier sur des marchés immobiliers en haut de cycle.

Mais les plus pessimistes commencent à percevoir les premiers signes d’une crise de la tech. La mésaventure du géant du coworking, dont la valeur estimée a chuté de 47 Mds$ à 8 Mds$, s’inscrit dans une succession d’IPO décevantes de licornes des nouvelles technologies. Les spécialistes du VTC Uber, Lyft, la messagerie d’entreprise Slack…, autant de « disrupteurs » qui se sont heurtés à l’épreuve de vérité de la bourse. Comme de nombreuses entreprises de la tech, WeWork a été surévalué avant même d’avoir fait ses preuves sur une possible rentabilité. L’an passé, le géant du coworking a enregistré 1$ de pertes pour 1$ de chiffre d’affaires !

Une crise de la tech doublée d’une crise financière. En réalité, d’un excès de financement alimenté par des investisseurs atteints du syndrome du Fomo (fear of missing out), la peur de manquer quelque chose. Et accéléré aussi par la croyance que le gagnant rafle toute la mise : « winner takes all ».

La crainte d’une crise systémique provoquée par les difficultés de remboursement des entreprises commence à poindre outre-Atlantique. La question de l’explosion de la bulle obligataire refait surface.

Allô Papa Tango Charly

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