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Zan et zen

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L’urgence climatique face à l’urgence territoriale. Le sujet est plus que jamais d’actualité au lendemain de l’annonce de l’abandon du projet EuropaCity, et n’en finit pas de diviser des décideurs locaux partagés entre la nécessaire préservation des ressources naturelles et l’indispensable développement économique.

L’exécutif tente d’y répondre à sa manière au travers de son ambition « Zéro artificialisation nette ». ZAN pour les initiés. Un objectif politique sain qui se heurte à la réalité économique. Comment s’interdire de construire sur du foncier nu et répondre à la croissance démographique de certains territoires accélérée par le phénomène (irréversible ?) de la métropolisation ?

La première réponse passe par la densification du parc existant, avec l’écueil de l’acceptabilité de la population. La FPI (Fédération des promoteurs immobiliers) y est bien évidemment favorable, mais s’interroge légitimement sur la faisabilité sans aide aux maires densificateurs, sans encouragement à la surélévation des immeubles, ou sans se donner la possibilité de dépasser les niveaux de constructibilité des PLU.

La densification, si elle réussit, ne suffira pas. Il faut adjoindre à ce choc d’offre, que personne n’a encore vu, une forme de flexibilité qui pourrait passer par un choc des usages. Mais cette réversibilité appelée par tous est aujourd’hui bloquée par un manque de cohérence des normes. L’État, parfois schizophrène, est conscient du maquis réglementaire et fiscal dans lequel il s’est fourré. À défaut de réussir son choc de simplification, il s’est ouvert à l’expérimentation avec le Permis de Faire.

L’enjeu derrière la ZAN, c’est de passer l’industrie immobilière en mode ZEN (Zéro émissions nettes). L’immobilier peut-il s’inscrire dans cet objectif à l’horizon 2050 ? Alain Grandjean, associé fondateur du cabinet Carbone 4 et président de la Fondation Nicolas-Hulot, veut y croire. Il l’a rappelé lors de l’arrivée du Tour de France de la logistique organisée cette semaine par Afilog. À condition que pouvoirs publics, citoyens et entreprises avancent de manière cohérente.

Cela passera davantage par des compromis que par des postures. Et aussi de la constance dans la parole de l’État, un peu moins de contradiction de la part de citoyens – consom’acteurs plus que consommateurs – et toujours plus de volonté des acteurs économiques.

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