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Point de vue de Gontran Thüring, CNCC

Stationord : pour rétablir une vérité

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Le rapport d’experts mandaté par la Ville de Paris qui vient d’être publié est un véritable réquisitoire à charge contre le projet développé par la foncière Ceetrus pour la restructuration de la gare du Nord.

Symptomatique du « mal français », en arriver à une telle situation est à la fois incompréhensible et inacceptable.

Ce projet vise à offrir aux voyageurs français, britanniques, allemands, belges ou néerlandais une porte d’accès à Paris digne d’une capitale olympique et non d’un espace abîmé, désorganisé et mal fréquenté tel qu’il se présente aujourd’hui.

Que reproche-ton à la future composante commerciale de l’opération ?

Sa dimension. Soyons sérieux. Il s’agit de 18 000 m2 de surface de vente dûment autorisés par la Cnac, à comparer aux 5,5 millions de m2 de centres commerciaux que compte la région francilienne selon l’Apur.

Son organisation. Soyons réalistes. On n’implante pas des commerces pour qu’ils soient cachés, à l’abri des flux de circulation, bref pour qu’ils ne fonctionnent pas !

Sa rentabilité. Soyons transparents. La rénovation d’un bâtiment tel que la gare du Nord, dont la mise en service date de 1846, nécessite un investissement qui ne peut être financé par la seule SNCF, surtout en ce moment…

L’exemple de la gare Saint-Lazare chez nous ou celui de Saint-Pancras à Londres ont su démontrer l’intelligence et la pertinence d’un modèle qui permet d’allier un véritable service à la fois public et privé au sein d’un espace pratique et accueillant. Dans l’exemple londonien, on constate également l’effet d’entraînement qu’a eu la rénovation de la gare sur son environnement urbain à travers l’opération en cours de requalification du quartier de King’s Cross. La perspective d’une conséquence de même nature des environs de la gare du Nord en ferait rêver d’aucuns !

On ne peut reprocher à l’opérateur choisi après consultation de ne pas avoir engagé les concertations nécessaires et d’avoir, à plusieurs reprises, adapté son projet.

Il y a urgence si l’on veut qu’une nouvelle gare ouvre ses portes pour les JO en 2024.

Gageons que le préfet de région, qui doit donner mi-mars son avis sur le permis de construire de Stationord, fera preuve de discernement, prenant en compte un enjeu national et mettant de côté les alliances picrocholines de certains édiles parisiens.

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