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La foncière solidaire Bellevilles structure son premier tour de table via le crowdfunding

Les fondateurs de la foncière Bellevilles. Les fondateurs de la foncière Bellevilles. © D.R.
Les Halles de la Cartoucherie, à Toulouse. Les Halles de la Cartoucherie, à Toulouse. © D.R.

Bellevilles : retenez bien ce nom. Lancée sur le devant de la scène de l’industrie immobilière et de la ville il y a neuf mois par un quatuor de trentenaires, la foncière collectionne déjà une quinzaine de projets en Occitanie et en Île-de-France sous le prisme de l’inclusivité, de l’écologie et de l’impact social. « Nos programmes sont volontairement mixtes et portent l’ambition de construire une ville plus sobre, solidaire et résolument connectée aux besoins des territoires et des habitants qui les composent », affirme Alexandre Born, directeur général de Bellevilles. Avec ses associés – Sébastien de Hulster (foncière de Watou) Jérémie Loevenbruck (spécialiste de projets sociaux et solidaires), et l’architecte François Gendre –, l’ex-directeur du développement de PCA STREAM entend « casser »les segmentations de la fabrique de la ville héritées des années 1980 pour « recréer » de la mixité sociale dans les zones rurales, moyennes et périurbaines. « Nous avons l’ambition de porter une vision alternative et singulière au service des territoires. Une vision d’autant plus confortée par la crise sanitaire liée au coronavirus. »

Pour concrétiser cet objectif, la jeune foncière a structuré son premier tour de table via le financement participatif sur la plate-forme Lita. Résultat ? En deux mois de levée de fonds, Bellevilles a réussi à capter plus de 1 M€ portés par près de 500 investisseurs, dont un certain nombre de dirigeants de l’immobilier. « Cette volonté de faire appel à l’épargne citoyenne va nous permettre de renforcer notre structure et de concrétiser plusieurs de nos projets », stipule Alexandre Born. Ce dernier espère dépasser 1,5 M€, voire atteindre 2 M€ récoltés, contre un taux de rendement de 5 % (garantis par De Watou) promis à ceux qui ont pris un ticket dans la foncière d'ici fin juin. Avant de lancer une plus grosse levée de fonds auprès d'investisseurs institutionnels.

Economie sociale et solidaire

Mis en orbite pour dessiner « le monde d’après » sur les territoires en difficulté, Bellevilles intervient à la fois comme porteur de projet et investisseur. La foncière prend aussi des participations dans des sociétés d’exploitation associées à des projets à l’instar des Halles de la Cartoucherie, à Toulouse. « Nous avons investi à hauteur de 20 % auprès de Cosmopolis – collectif regroupant des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) – sur ce futur tiers-lieu de 13 000 m2 parsemé de gastronomie, coworking, sport et de culture. » Petit détail qui a toute son importante : Jéremie Loevenbruck, l’un des cofondateurs de Bellevilles, est gérant de la Scop Palanca, qui suit ce programme depuis 2017. « Dans cette opération, nous apportons notre expertise et la confiance des banques sur la partie financière. En résumé, nous sommes des facilitateurs de projet auprès de nos partenaires de l’ESS ! », appuie Alexandre Born. 

Bon sens 

Dans la Ville rose, Bellevilles porte un autre programme ambitieux : réactiver 12 commerces de proximité adossés à 15 logements pour redynamiser le quartier Croix-Daurade. « Sur ce type d’opération qui n’intéresse plus les grands investisseurs, nous ne visons pas la très haute rentabilité ! Au contraire, c’est le bon sens qui l’emporte dans notre modèle économique ! Nous préférons apporter des services adaptés aux attentes des riverains et tisser une relation commerciale de long terme avec les acteurs locaux », stipule le directeur général de Bellevilles. Par ailleurs, pour mener à bien ce programme, nous comptons sur l’expertise de Sébastien De Hulster, également président du conseil d’administration de la foncière familiale De Watou, propriétaire de 550 commerces dans toute la France. »

Se rémunérant via les revenus locatifs perçus sur leurs projets de commerce, résidentiel, bureaux et de tiers-lieux et la vente de ces programmes à moyen-long terme, Bellevilles refuse « les projets hors sol, d’artificialisation des sols et non économiquement viables ». Un discours qui devrait sans nul doute séduire les nouveaux élus locaux post-élections municipales.

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