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Casse-texte

Le Premier ministre à l'Assemblée nationale, le 15 juillet 2020. © MARTIN BUREAU / AFP

Jean Castex a livré sa feuille de route cette semaine, teintée de relance économique et mâtinée de transition écologique. Le discours de politique générale du nouveau Premier ministre est volontiers consensuel, conciliant, pragmatique, mais manque singulièrement de coffre, d’ambition, d’anticipation.

Il défend à juste titre la « croissance écologique » face à la « décroissance verte ». Mais, quelques lignes plus tard, il annonce un moratoire sur l’installation de nouveaux projets de centres commerciaux dans les périphéries. Moratoire qui existe déjà, que la plupart des investisseurs se sont appliqué en raison de la crise, et qui, sous prétexte de contenter quelques associations (que l’on ne va pas qualifier de lobbys), risque davantage de figer la restructuration de certaines entrées de villes que de ressusciter des centres-villes moribonds.

Le Premier ministre avance le montant de 100 Mds€ pour financer un ambitieux plan de relance économique à la rentrée, dont on comprend qu’il faut y soustraire 20 Mds€ pour financer la transition économique, et visiblement entre 4 et 5 Mds€ pour la seule rénovation thermique des bâtiments. Une goutte d’eau… que les professionnels n’ont pas attendue, à la manœuvre depuis le lancement du Grenelle de l’environnement en 2007, basculant tout ou partie de leur production vers l’immobilier durable, anticipant même la réglementation à l’exemple de la charte de rénovation de l’immobilier tertiaire. Aujourd’hui, l’ensemble de la chaîne de valeur immobilière se prépare à basculer vers le bas carbone quand l’exécutif reste « tanqué » sur la seule question énergétique.

Au lendemain de l’échec de LREM (La République en Marche) aux élections municipales, le Premier ministre appelle soudain à une reconnexion avec les territoires, promettant un soutien financier de l’État aux investissements des collectivités territoriales « orientés vers le développement durable et l’aménagement du territoire ». Lesquels s’arrêtent au déploiement du très haut débit (attention à ne pas prononcer le gros mot « 5G »), la résurrection de vieilles lignes de chemin de fer et un plan vélo « très ambitieux ». Pas sûr que les derniers Girondins sortent totalement convaincus des déclarations du chef du gouvernement.

Au final, on peine à trouver une ligne directrice dans le discours de Jean Castex autre que des tentatives de réponses à l’urgence économique et à l’impératif climatique. Surtout, il ne va puiser que dans les mesures de la convention citoyenne sur le climat, réitérant l’engagement d’Emmanuel Macron d’intégrer 146 des 150 mesures de la convention à un projet de loi. En revanche, il ne pipe mot sur les propositions des acteurs de l’industrie immobilière qui craignent d’être les grands absents du plan de relance.

Jean Castex parle de renouer avec la confiance. Pour lancer un véritable « green deal », il pourrait commencer par faire confiance aux professionnels immobiliers qui ne manquent pas d’idées pour inscrire la fabrique de la ville dans une ambitieuse relance économique bas carbone.

Les villes, vous savez, ces lieux qui concentrent plus 70 % des émissions de CO2 et accueillent un humain sur deux… Ces lieux qui sont à la fois le problème et la solution.

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  • Personnes citées

    Emmanuel Macron

    Président de la République

    Présidence de la République - Palais de l'Élysée

    Jean Castex

    Premier ministre

    Premier ministre - Hôtel Matignon