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Le « Gosplan » de relance

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Jean Castex a enfin dévoilé le plan de relance de 100 Mds€ du gouvernement que ses défenseurs jugent à la hauteur des enjeux quand les déçus regrettent qu’il ne soit qu’à la hauteur de nos moyens.

Sans surprise, ce plan est axé sur le défi écologique, lequel mobilise près d’un tiers de l’enveloppe globale, dont une large part consacrée à la rénovation énergétique des bâtiments (6,7 Mds€). Pour les professionnels immobiliers, il se transforme en un plan de rattrapage du Grenelle de l’environnement, séché, lui, par une autre crise (celle de 2008) et jamais réellement réactivé par les exécutifs successifs, quelle que soit leur dominante politique. Le Covid-19 aura eu le mérite de pulvériser les verrous financiers qui enserraient les partisans d’une politique ambitieuse de rénovation énergétique. Tant mieux. Mais peut-être déjà trop tard ?

Comme tout bon plan, il génère quelques frustrations. Dans l’immobilier, les oubliés de la relance sont clairement les promoteurs dont la production de logements devrait être amputée d’un quart cette année. Angle mort du plan de relance, le secteur de la construction pourrait à lui seul supprimer autant d’emplois que le gouvernement espère en créer avec le plan de relance, alerte Alexandra François-Cuxac, la présidente de la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers). Pour eux, la relance est renvoyée à la loi de finances pour 2021.

Au tableau des oubliés, on devrait y ajouter le secteur du commerce qui se voit proposer en guise de soutien à la reprise… un moratoire sur la construction de nouvelles surfaces commerciales en périphérie au nom de la lutte contre l’artificialisation du foncier. Peu importe que le commerce ne soit responsable que de 4 % de celle-ci. Moratoire qui va surtout geler la nécessaire rénovation d’un parc d’équipement commercial qui ne va pas disparaître complètement au profit du commerce électronique.

De toute façon, la deuxième couche est prête, avec la volonté de certains parlementaires d'étendre le moratoire aux entrepôts logistiques afin d’endiguer le développement du e-commerce. Et dont on imagine qu’il participera davantage à charger les routes de camions qu’à vider le panier (virtuel) des consommateurs.

Ce plan de relance, qui ne peut éviter certains paradoxes, aurait dû se coupler avec un plan de réforme. L’État comme stratégie économique a montré ses limites dans le passé. En revanche, on aurait été preneur d’un État soucieux d’accompagner les acteurs économiques dans des mutations qui s’accélèrent, par exemple en allégeant l’imposante machine normative, par exemple en privilégiant des mécanismes d’incitations, par exemple en ramenant la fiscalité des entreprises et des ménages à un niveau compétitif au sein de l’OCDE… Bref, un État devenant agile pour accompagner un monde post-Covid où règne l’incertitude.

Emmanuel Macron a fait un autre choix, peut-être plus politique, troquant l’idée de la « start-up nation » pour revenir à une sorte de « Gosplan ».

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