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Non, rien de rien

Emmanuel Macron sur le perron de l'Élysée © Stocklib

Rien pour le logement. Rien pour l’immobilier. Rien pour la ville. Ce n’est pas une surprise, mais une réelle déception pour les acteurs de tout un pan de l’économie française. La continuité l’emporte dans le gouvernement très politique d’Élisabeth Borne, suivant finalement l’aversion d’Emmanuel Macron pour la pierre. Les plus pessimistes (ou réalistes) y verront le coup de grâce d’une politique du logement qui n’existe plus vraiment depuis des années. Les plus optimistes peuvent penser que le sujet est tellement complexe et transversal qu’il transcende tous les ministères.

La réalité est qu’il faudra, un jour ou l’autre, insuffler une politique d’aménagement, définir une stratégie urbaine au niveau national déclinable au niveau des territoires avec deux axiomes pour éviter l’explosion d’une bombe sociale et climatique. Un : loger les citoyens. Deux : réduire nos émissions carbone. Les deux étant urgents et… contradictoires.

Le premier suppose une complète refonte de la fabrique de la ville. Une approche quantitative est nécessaire, mais pas suffisante. Le déficit de logements en zones tendues est patent. Ces zones tendues évoluent lentement dans le temps au rythme de l’évolution des activités économiques. La désindustrialisation a marqué le quart nord-est de l’Hexagone. La montée du tourisme et l’héliotropisme a redonné une nouvelle attractivité au littoral français. Les nouveaux modes de travail, et en particulier le télétravail, réveillent ici ou là quelques sous-préfectures. Mais desserrer la pression sur les zones tendues, faute de pouvoir les densifier, suppose une politique d’aménagement portée au plus haut de l’État qui devrait être le socle d’une stratégie de relocalisation des activités productives et servicielles dans les territoires.

En parallèle de ce premier défi, qui catalyse toutes les tensions sociales du pays, il faut mener le chantier de la décarbonation. Un sujet qui traverse tous les pans de l’économie, mais sur lequel l’immobilier dispose d’un fort effet de levier. D’abord, celui de mieux utiliser l’existant, qui suppose de casser les cloisons réglementaires, juridiques, fiscales… qui étouffent le secteur. Ensuite, de rénover plutôt que de construire. Enfin, de recycler pour construire encore plus propre.

Dans les deux cas, c’est une question de volonté politique. Si elle n’est pas portée par un ministre de plein exercice ou un sous-secrétaire d’État, c’est donc au chef de l’exécutif d’en assumer la responsabilité. En attendant, un secteur qui emploie plus de 2 millions de personnes et représente 11 % du PIB se sent un tout petit peu délaissé ce vendredi soir.

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  • Personnes citées

    Élisabeth Borne

    Première ministre

    Premier ministre - Hôtel Matignon

    Emmanuel Macron

    Président de la République

    Présidence de la République - Palais de l'Élysée