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Point de vue de Stefan Kreuzkamp, Deutsche Asset Management

La hausse des taux de la Fed arrive à un moment critique

Siège de la Banque centrale américaine (Fed) à Washington DC © R.Babakin / Fotolia

L’an passé, les plus sceptiques craignaient déjà qu’une seule et simple hausse de taux ne mette l’économie américaine en difficulté. Désormais, la plus grande inquiétude des marchés réside dans la crainte que la Fed n’intervienne trop tardivement. Nous pensons toutefois que le plus judicieux reste d’attendre que les contours des mesures fiscales annoncées par le nouveau président américain se précisent avant de tirer des conclusions trop hâtives.

Bien que largement anticipée, la hausse des taux de la Fed arrive à un moment critique. La victoire de Donald Trump est venue accentuer les dynamiques déjà à l’oeuvre sur les marchés : les actions américaines ont atteint des niveaux records et le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a gagné plus de 60 points de base depuis les élections. Il avoisine désormais les 2,5 %. L’inflation et les anticipations de croissance ont accéléré à toute vitesse, prenant de court les investisseurs obligataires. Pour autant, nous n’anticipons pas de sell-off obligataire.

L’état de grâce entre les marchés et Donald Trump pourrait aisément s’achever avant même la mi-2017, c’est-à-dire quand la nouvelle administration commencera à se heurter aux difficultés quotidiennes de l’action politique. D’ici là, les entreprises et les ménages auront déjà subi les premiers effets du renchérissement des taux.

Suite à cette hausse de taux (qui avait été annoncée) et considérant les propos plutôt neutres tenus par la Fed, l’envolée du dollar US va probablement marquer une pause. Nous restons néanmoins convaincus que le dollar reviendra à parité avec l’euro d’ici la fin de l’année prochaine.

L’écart de rendement entre les obligations d’Etat américaines et allemandes affiche des niveaux qui n’avaient plus été atteints depuis 1989. La hausse de taux opérée, mercredi, par la Fed, ainsi que les deux nouvelles augmentations que nous anticipons pour 2017, vont très certainement venir accentuer encore cet écart. Il ne faut toutefois pas sous-estimer le rôle joué par les attentes et anticipations des acteurs en la matière.

Celles-ci sont d’ores et déjà largement positives pour les Etats-Unis pour l’année qui s’ouvre, et plutôt négatives pour la zone euro. Autrement dit, on peut considérer que l’effet Trump a finalement déjà été intégré par les marchés et se reflète dans l’écart de rendement entre obligations d’Etat américaines et allemandes qui pourrait atteindre son point haut en 2017. 

Mots-clés : Donald Trump, ETATS-UNIS, FED