Moi président, je m’intéresserai à l’industrie immobilière !

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« Ce sont les entreprises qui créent l’emploi. » Sans verser dans un néolibéralisme primaire, cet énoncé fait consensus au sein de la classe politique et des candidats à la présidentielle 2017 si l’on veut écarter un instant les franges extrémistes d’un côté comme de l’autre. Le président sortant l’a suffisamment martelé depuis la présentation de son choc de compétitivité sans que son gouvernement ne donne réellement de signes tangibles d’une quelconque inflexion.

Une fois ce débat clos, la première question que toute personnalité politique, qui entend inverser la courbe du chômage, devrait se poser serait de savoir dans quels secteurs évoluent ces entreprises qui recrutent. J’en connais un. J’y baigne au quotidien. Je l’observe depuis des années. C’est l’industrie immobilière qui s’étend à la fabrique de la ville.

Une étude inédite, réalisée par EY avec le concours de la Fondation Palladio et Business Immo, révèle le potentiel de cette filière. Une filière complexe à appréhender, avec pas moins de huit secteurs interconnectés. Une filière riche de diversité où quelque 100 métiers sont identifiés. Une filière difficilement délocalisable, car si le capital est mondial, l’immobilier reste local. Une filière qui est un véritable moteur économique de la France, qui contribue à 10 % du PIB avec 217 Mds€ de valeur ajoutée en 2015. Enfin, une filière qui emploie plus de 2 millions de personnes (8,2 % de la population active).

Mais surtout, c’est un secteur qui recrute : 80 % des 900 dirigeants de la filière se disent prêts à recruter dans les trois prochaines années. La moyenne nationale tombe à 58 %. Là où le bât blesse, c’est la difficulté des entreprises à recruter les bons profils. Près de 60 % des dirigeants s’en plaignent. Le Forum des métiers de l’immobilier, dont la 6e édition s’est tenue le 23 février dernier, contribue à sa mesure à résorber ce décalage entre l’offre et la demande.

Mais, l’immobilier souffre encore d’un déficit de notoriété. Et c’est peut-être là que le politique pourrait être utile, en porte-voix d’une filière d’avenir si l’on en croit les études sur l’accélération de l’urbanisation des populations. Le challenge est complexe, car la fabrique de la ville touche au quotidien des gens. Mais, il est plus stimulant que le sempiternel coupage de ruban ou la énième remise de trophées ! D’ailleurs, l’un n’empêche pas l’autre.