Point de vue d'Alain Dinin, Nexity

Plus de flexibilité immobilière

Il est une réalité qu’il convient de prendre en compte de façon plus volontariste dans les débats autour de la ville et de l’immobilier : nos vies, le cycle de nos vies personnelles, et donc nos vies immobilières se sont totalement transformés en peu de temps. Ce sont ces mutations profondes, individuelles et sociétales, qu’il faut avoir à l’esprit pour traiter les besoins individuels comme les défis collectifs.

Hier, on avait principalement « une » vie immobilière. Aujourd’hui, la linéarité a laissé la place à une succession de phases courtes, de déplacements, et à une multiplication de liens, privés ou professionnels. Au cours de sa vie, un jeune adulte de 20 ans aujourd’hui occupera sans doute plus de 10 emplois différents et vivra dans 15 endroits. Ayons à l’esprit aussi que ce basculement en produit d’autres, asymétriques : le nombre de personnes vivant seules et la monoparentalité ne cessent d’augmenter.

Ne nous trompons pas : il s’agit toujours de construire là où c’est nécessaire ; de loger plus décemment toujours plus de personnes, et si possible de permettre aux individus de se constituer un patrimoine. Mais parce que la société bouge, l’objectif central d’un groupe comme le nôtre a bougé : il s’agit d’être utile, de rendre la ville accessible et vivable à tous. Faire de la ville un instrument de croissance et du vivre ensemble suppose aussi des idées claires : l’urbanisation intelligente et d’échange est dans la densité, pas dans l’étalement ; il faut des simplifications administratives pour penser et mettre en œuvre l’agencement au bon échelon. Les décisions doivent être mieux partagées pour être mieux et plus vite exécutées.

Réfléchissons : la vie active va être plus « mobile » géographiquement notamment ; dès lors l’objectif d’usage est primordial tandis que celui d’être propriétaire ne devient majeur qu’au moment de la retraite, quand les revenus baissent. Il y a donc un pan décisif d’innovations juridiques et financières à inventer, un pan véritablement charnière entre les mutations sociétales et les innovations technologiques ; il s’agit d’inventer ou de décloisonner des modularités de financement pour favoriser la souplesse des nouveaux usages de location et de propriété.

Citons par exemple : financements et propriétés partagées à plusieurs générations, modulables dans le temps ; démembrement foncier- bâti ; transférabilité des prêts et pourquoi pas des parts de propriété, « unité de compte propriété » ; nouvelles formes d’investissement des entreprises en actifs partagés avec les salariés… L’enjeu dépasse, ou plutôt se combine avec la production de biens et de services immobiliers. Le potentiel est à la fois très important et très passionnant : la flexibilité doit être un concept à contenus et instruments concrets et multiples.

Bien sûr, location et propriété resteront des concepts références : mais les façons de les financer, de les partager, de les constituer doivent évoluer, et se rythmer comme évoluent les vies des gens.

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