Incertitude(s)

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De mémoire d’électeur français, un scrutin électoral présidentiel de notre Ve République n’aura jamais été aussi incertain… Dans une campagne abracadabrantesque, où le débat d’idées a été miné par les affaires judiciaires et à nouveau ébranlée par l’attentat sur les Champs-Elysées, les électeurs auront à trancher entre quatre France. Celle de la modernité sociale-libérale prônée par le « centriste » Emmanuel Macron, chouchou des sondages. Celle du nationalisme et du populisme de Marine Le Pen, l’autre favorite des enquêtes d’opinion. Celle d’une gauche très sociale ultra-dépensière menée par Jean-Luc Mélenchon. Et enfin celle du libéral et conservateur François Fillon. Quatre France et six combinaisons possibles au soir du premier tour. La clarté dans la confusion… Et s’il est un mot de vocabulaire que les investisseurs ont en horreur, c’est bien incertitude.

Après l’improbable Brexit, après l'impensable élection de Donald Trump, la question qui brûle les lèvres de tous les investisseurs internationaux venus à la rencontre de leurs homologues français : « Can she win ? » Traduction : Marine Le Pen peut-elle devenir la prochaine locataire du 55 rue du Faubourg Saint-Honoré ? Prônant un Frexit à l’image de nos voisins britanniques et une sortie de l’euro, la candidate frontiste – mettant la préférence nationale à toutes les sauces – inquiète et rend fébrile les milieux économiques du Vieux Continent. Quid de l’attractivité de l’Hexagone si l’hypothèse Le Pen dépasse le second tour ? Selon Intertrust, plus d’un investisseur immobilier européen sur deux (56%) a déclaré qu’il réviserait et retarderait ses stratégies de vente d'actifs si Marine Le Pen était élue (73 % pour l’Allemagne où Angela Merkel est candidate à un 4e mandat). Plus inquiétant : 91 % de ces investisseurs ont déclaré que l'élection présidentielle française constituerait un facteur clé pour influencer leurs décisions d'investissement au cours du reste de l'année 2017.

Pragmatique, Paul Lawrence, responsable mondial des fonds chez Intertrust estime que « le résultat des élections présidentielles françaises aura évidemment un impact significatif sur les investissements immobiliers en Europe » (…). Autre baromètre. Même constat ! 68 % des personnes sondées par le cabinet d’avocats Arsene Taxand déclarent tenir compte des choix politiques français à venir dans leurs décisions à l’investissement dans la pierre. Contre vents et marée, la politique s’invite à la table des investisseurs immobiliers et reste un élément pour le moins structurant pour les milieux économiques.

Le vent d’incertitudes ne faiblira pas au soir du 7 mai 2017. Une fois élu, le chef de l’Etat aura la tâche de mener un nouveau combat électoral… Celui des législatives. Fait inédit, aucun des prétendants à la fonction suprême n’est en mesure d’arracher une majorité – même relative – au palais Bourbon sans alliance politique. 

 

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