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Point de vue de Gontran Thüring, CNCC

Revitalisation des centres-villes : au-delà des lamentations et des incantations, place à l’action !

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Beaucoup de monde s’est emparé du débat sur la dévitalisation des centres-villes dont les médias se sont fait abondamment l’écho depuis quelques temps. On ne peut que s’en réjouir car le phénomène est réel, pour ne pas dire inquiétant.

Certes, le commerce tout seul ne pourra résoudre le problème qui est multifactoriel et ce sont bien toutes les fonctions urbaines qu’il convient de redynamiser.

Cela dit, concernant la fonction commerciale qui est clé pour son rôle tant économique que social, il convient maintenant de passer à une phase proactive.

Il existe un consensus pour dire qu’il faut débuter par un diagnostic pertinent et mettre en œuvre l’ingénierie nécessaire. Pour autant, seuls les projets bénéficiant à la fois d’exploitants locataires et d’investisseurs de murs pourront effectivement, in fine, aboutir. C’est ce que le Conseil national des centres commerciaux (CNCC) n’a pas manqué d’expliquer lors de deux auditions récentes, l’une par les députés de la Commission des affaires économiques, l’autre par le groupe de travail coprésidé par les sénateurs Rémy Pointereau et Martial Bourquin.

C’est également la raison pour laquelle le CNCC a participé activement à la mission présidée par André Marcon, dont le rapport a été remis le 15 mars au ministre de la Cohésion des territoires et à la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances. Dans ce cadre, le CNCC a été en particulier à l’initiative de deux mesures efficaces et pragmatiques que le législateur pourrait mettre en œuvre grâce aux différents projets et propositions de loi à venir.

La première concerne une exonération de taxes locales au bénéfice des primo-commerçants (repreneurs de commerces existants ou créateurs) pendant une période de trois ans. On pourra rétorquer qu’il n’est pas facile de réclamer au gouvernement une baisse de recettes fiscales à l’heure actuelle. En fait, un commerce vide n’en produit aucune, si ce n’est à travers une éventuelle taxation de nature punitive…

La seconde a trait à la création de micro-foncières qui réuniraient des investisseurs locaux, notables liés à une commune par des valeurs d’attachement et des intérêts économiques. Celles-ci pourraient associer partenaires privés et publics sachant que, pour être attractives pour les premiers, elles devraient impérativement bénéficier d’avantages fiscaux du type suramortissement et/ou exonération d’IFI.

Ces deux mesures pourraient s’appliquer aux villes qui vont bénéficier du programme « Action cœur de ville » dont une première liste vient d’être communiquée le 27 mars par Jacques Mézard lors d’un déplacement à Châtellerault.

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