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Marché immobilier : le manque d’offre et la grève grippent le marché francilien (MeilleursAgents)

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MeilleursAgents publie la 102ème édition du baromètre mensuel d’analyse du marché immobilier résidentiel à Paris, en Ile-de-France, dans les dix et cinquante plus grandes villes de France et en zone rurale. Le premier enseignement de ce baromètre : les taux d’intérêt restent stables à un niveau très bas (1,7 % sur 20 ans en moyenne).

À Paris, les prix n’augmentent que de +0,1 % en avril alors que « la demande latente reste forte ». En Ile-de-France, le manque de biens en vente et la baisse de la demande du fait des intempéries puis de la grève grippent le mécanisme d’achat-revente. « Les prix s’en ressentent : -0,1 % en petite et grande couronne en avril et -0,3 % en petite couronne et -0,4 % en grande couronne depuis le début de l’année. » De son côté, Rennes enregistre la plus forte hausse (+1,1 % en avril) des 10 plus grandes villes en régions et montre un dynamisme renouvelé. Dans le même temps, la baisse des prix se confirme à Bordeaux : -0,4 % en avril et -1,1 % sur les deux derniers mois. Lyon retrouve sa position de tête avec +0,9 % en avril et +8,8 % sur les 12 derniers mois.

« Notre scénario fondé sur des taux durablement bas se déroule comme prévu, explique Sébastien de Lafond, président cofondateur de MeilleursAgents. Les conditions macroéconomiques et, pour une part non négligeable, la concurrence entre les banques, maintiennent les taux à un niveau très attractif (1,70 % sur 20 ans et jusqu’à 1,25 % pour les meilleurs dossiers). Le marché conserve un dynamisme latent. Nous constatons tous les jours que les biens mis en vente au juste prix trouvent très rapidement acquéreur. Mais, à Paris et en Ile-de-France, les stocks de biens à vendre sont aujourd’hui au plus bas. »

Dans ces conditions, le mécanisme vertueux d’achat-revente se grippe. En effet, les propriétaires souhaitant changer de foyer, veulent avant tout sécuriser leur achat avant de vendre leur bien. Ne trouvant pas ce qu’ils cherchent, la vente attend et le marché se met en pause. Cette pénurie d’offre modère les prix à Paris (+0,1% en avril) et les pousse à la baisse en petite et grande couronne (-0,1 % en moyenne). Sébastien Créa, responsable de l’agence Orpi Gestimmo à Meaux confirme : « Depuis le mois de décembre l’activité a bien ralenti, nous rentrons beaucoup moins de mandats, que ce soit pour les petites surfaces à Meaux mais aussi pour les grandes maisons aux alentours. Néanmoins il est pour l’instant difficile de savoir si ce recul s’explique par une réelle baisse des mises en vente ou par la dispersion des mandats entre les agences. »

En effet, dans un contexte de hausse ininterrompue des prix, la profession a attiré beaucoup de monde. Mais face à la concurrence, certains professionnels ont malheureusement tendance à surévaluer leurs estimations pour remporter le mandat. Et finalement les biens tardent à trouver preneur et finissent parfois par se vendre moins cher.

Autre phénomène observé dans certaines agences : la grève, qui fait suite à des perturbations météorologiques, ayant rendu certaines communes difficilement accessibles, commence à peser sur la demande. « Nous avions déjà eu moins de contacts ces derniers mois mais avec la grève, depuis quelques semaines, les acheteurs sont encore moins présents, note un professionnel de l’immobilier situé à Trilport. Pourtant, en temps normal, nous sommes à 35 minutes de la Gare de l’Est. »

« Il sera donc extrêmement intéressant d’analyser l’évolution du marché dans les prochains mois pour s’assurer que la saison des déménagements démarre enfin, poursuit MeilleursAgents. C’est en effet en ce moment que les familles se lancent sur le marché pour être sûres d’être installées pour la rentrée scolaire de septembre. »

Rennes émerge à l’ouest

À Bordeaux ,la baisse des prix initiée depuis trois mois se poursuit. Avec -0,4 % sur le seul mois d’avril, les prix bordelais ont baissé de -1,1 % sur les deux derniers mois et de -0,1 % depuis le début de l’année. Sur 12 mois, la hausse reste quand même élevée à +8,3 % mais la tendance semble bien s’être inversée, redonnant à Lyon, pour la première fois depuis un an, la tête du palmarès avec +8,8 % sur 12 mois et +0,9 % au mois d’avril.

« Depuis l’année dernière la hausse est continue du fait de la demande très importante mais aussi des professionnels qui surestiment les biens pour remporter le mandat », assure Alexia Gelas d’Angelo, directrice de l’agence Neyret Immobilier Lyon 7, qui dit espérer que « cela arrête d’augmenter ainsi. Notre secteur, que l’on appelle aujourd’hui la Petite Croix-Rousse est très apprécié grâce notamment aux associations de commerçants très dynamiques. Nous avons par exemple vendu un 70 m2 rue de la Madeleine à 339 000 €. »

« Rennes mérite une attention toute particulière » ajoute MeilleursAgents. Alors que la hausse des prix reste limitée sur 12 mois (+4,9 %) et depuis le début de l’année (+2,1 %), le mois d’avril montre une embellie significative : +1,1 %. « C’est probablement le fruit d’un travail de longue haleine sur les infrastructures de la ville qui, en soulignant son attractivité pour les entreprises comme pour les particuliers, crée un surcroît de demande. » Les prix restent cependant « raisonnables » à environ 2 650 €/m2 en moyenne pour les appartements et environ 3 370 € pour les maisons grâce « à la politique du logement de la ville qui associe intelligemment ré- habilitation de logements anciens, construction de neuf et promotion du parc social ».

À l’inverse de Rennes, Nantes est à la peine avec -0,6 % en avril, -1,4 % depuis deux mois et -0,2 % depuis le début de l’année. Les autres capitales régionales connaissent des sorts contrastés au mois d’avril : baisse à Toulouse (-0,2 %), stabilité à Marseille, hausses limitées à Nice (+0,3 %) et Strasbourg (+0,4 %), hausses plus fortes à Lille (+0,6 %) et Montpellier (+1 %).