Bureau

Big three

BNP Paribas Real Estate en passe de racheter DTZ ! C’est la lancinante rumeur du Mipim 2010 qui revient sur le devant de l’actualité immobilière depuis l’annonce officielle des discussions entre les deux groupes. Sans préjuger du résultat, le possible rachat de DTZ par BNP Paribas Real Estate est le dernier avatar d’une nouvelle fenêtre de consolidation des entreprises dans l’industrie immobilière. A tous les niveaux, dans pratiquement toutes les lignes de métiers et sur une échelle géographique mondiale. Les fusions CBRE Investors/ING Reim et AMB/Prologis, au niveau mondial. En France, c’est l’acquisition programmée d’UFG Colliers PM par Nexity 43.41€ | +1.22% , l’entrée de Batipart dans le capital d’Eurosic 36.95€ | -2.76% , ou encore le rachat de Foncia par un consortium d’investisseurs qui prouve que 2011 marque assurément le dégel tant attendu des grandes manœuvres capitalistiques. Le signe de la reprise économique – à tout le moins de la fin de la crise

Chez les commercialisateurs, à l’exception de la reprise d’Exa fauchée en pleine crise, les cartes n’ont guère été rebattues depuis l’entrée tonitruante de BNP Paribas dans le segment en 2005. Depuis une dizaine d’années, un modèle s’est imposé sur le marché hexagonal : des entreprises internationales, aux méthodes commerciales et marketing anglo-saxonnes assumées, disposant d’une taille critique leur permettant d’être incontournables au regard des mandants. BNP Paribas Real Estate, depuis son expansion à l’international, n’est plus la seule exception à la règle. Le rachat potentiel de DTZ lui permettrait d’augmenter sensiblement son réseau international, avec un renforcement notable en Grande-Bretagne et une ouverture à l’Asie.

Derrière ce que d’aucuns comparent insidieusement à un cartel, c’est l’émergence d’un Big Three du brokerage en France, et plus généralement en Europe continentale, qui se dessine si cette opération d’acquisition se concrétise. Quelques structures continueront certes de tirer leur épingle du jeu. Mais elles resteront des outsiders à jamais, qui ne les empêchent pas d’être rentables, avalées inexorablement par le poids des grands conseils. Le rouleau compresseur va continuer en s’attaquant à d’autres facettes du métier, à commencer par le conseil « pur et dur ». Les brokers ont identifié l’une de leurs faiblesses endémiques - le conseil aux utilisateurs - au point de laisser une grande partie du marché à AOS Studley, une structure issue d’un spin-off d’ex-Atisreal... Au fur et à mesure de la professionnalisation du métier de directeur immobilier, les conseils ont compris tout l’intérêt de se positionner auprès des utilisateurs. Histoire de boucler la boucle.