Commerce

C’est le Qatar Central des Affaires

Face à la crise, rien de mieux que l’immobilier. Les cadors du CAC 40 et autres grandes institutions françaises résistent aux vents contraires en vendant quelques uns de leurs bijoux de famille. Dernier exemple en date, révélé en avant-première par Business Immo : la vente du 52-60, avenue Champs-Elysées à Qatar Investment Autorithy (QIA), connu du grand public pour loger le Virgin. Derrière la façade, c’est Groupama qui se remplume après avoir cédé l’une de ses autres pépites – Silic 81.98€ | -8.98% -. Auparavant, c’est PSA, en panne de cash, qui a dû se résoudre à conclure un sale & lease back sur son siège historique de l’avenue de la Grande Armée. La situation n’est pas nouvelle. De nombreuses entreprises ont été chercher dans l’immobilier le petit souffle de liquidités qui leur permettra de passer le cap.

En face, cette situation non dite (voire non assumée) de ventes forcées fait le bonheur, pas tant des fonds opportunistes que des equity players. Les fonds souverains se régalent en mettant la main sur ces fameux trophy assets, grands ensembles immobiliers pas toujours core dans leur profil de risque, mais qui présentent l’avantage d’une taille suffisamment significative et surtout d’un emplacement hors pair. Et à ce petit Monopoly, les Champs-Elysées restent plus que jamais « The Place to Be ». Tant pour les enseignes internationales – à l’instar d’Estée Lauder et son enseigne Mac qui ne regardent pas son loyer de 18 000 €/m2 sur le seul critère de la rentabilité de leur magasin – que les investisseurs pourvu qu’ils soient long terme.

Ces investissements se font-ils à bon compte ? A plus de 500 M€ pièce, la transaction sur le 52-60 Champs-Elysées fait du bien d’abord au marché de l’investissement. En semi-léthargie depuis le début de l’année, et la fin de la carotte fiscale de l’article 210-E du code général des impôts, Paris engrange un regain de volume salutaire pour conserver son attractivité au plan mondial. L’analyse du prix est plus délicate tant la plupart des fonds souverains, notamment du Moyen-Orient, souffre d’un manque manifeste de transparence. La vente du 52-60 Champs-Elysées ressortirait autour de 20 000 €/m2. Une valeur toute indicative (le prix n’a pas été confirmé) qui ne tient pas compte de l’intense travail d’asset management, voire même de restructuration de l’immeuble, qui va s’imposer après le départ programmé de Virgin.

Une certitude au final. Le Qatar met plus qu’un pied à Paris. Après le Royal Monceau, le futur Péninsula de l’avenue Kléber, ou encore l’immeuble HSBC sur le haut des Champs, le triangle d’or parisien devient même la chasse gardée des fonds souverains en général, et qatariens en particulier. Bienvenue dans le… Qatar central des affaires.