Logement
Point de vue de Michel Fréchet, Confédération générale du logement

Le gouvernement doit faire du logement une grande cause nationale

Les résultats de la construction en France pour l’année 2013 ont été récemment publiés. Michel Fréchet, président de la Confédération générale du logement (CGL), livre son analyse.

En 2013, 331 900 logements ont été mis en chantier, soit une baisse de 4,2 % par rapport à 2012 : un nombre inférieur aux 335 000 visés par la ministre Cécile Duflot. Un résultat inférieur aux moyennes constatées depuis dix ans (390 000 selon le ministère) et vingt ans (347 000) qui laisse penser que la crise du logement va continuer de s’aggraver.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce bilan. Tout d’abord, la crise a indéniablement fragilisé la construction de logements neufs. Par ailleurs, lors du changement de majorité il était selon nous difficile de commencer un grand chantier de la politique du logement sans avoir préalablement parfaitement appréhender la situation réelle.

La ministre n’a pas pris le temps de réaliser un vrai état des lieux qui aurait permis de se concentrer sur deux piliers que sont la construction et la baisse des loyers. Cécile Duflot a récemment demandé deux rapports sur la prévention des expulsions et sur le dispositif Dalo : n’aurait-il pas fallu en prendre la mesure dès son arrivée au ministère ? En pleine crise du logement en France, sa réforme (la loi Alur) est apparue en décalage avec l’attente des français.

Aujourd’hui, l’état de la construction de logements est très inquiétant dans certaines régions comme l’Alsace par exemple, qui connaît une baisse de 21 % de mises en chantier. L’état du logement est catastrophique et risque de s’empirer si le gouvernement ne prend pas dès maintenant des mesures de fond.

La Confédération générale du logement (CGL) souhaite que la politique du logement soit réorientée vers la construction et le niveau des loyers et non sur une seule réforme des rapports locatifs, laquelle a demandé beaucoup d‘énergie pour finalement connaître de nombreux reculs. Si le ministère a tenté d’alléger les contraintes qui pèsent sur la construction, des blocages persistent.

Il est essentiel que l’effort budgétaire de l’Etat soit plus important (aides à la construction de logements sociaux, de subventions, de prêts). L’intervention forte des pouvoirs publics est indispensable pour faire face à la pénurie de logements. Cela nécessite la mise en place d’actions immédiates à travers un véritable « Plan Marshall » du logement.

Par exemple, l’État pourrait booster l’aide à la pierre en stoppant les aides à l’investissement locatifs privé et en les réorientant vers les logements sociaux et intermédiaires. Il serait également nécessaire d’exercer des pressions fiscales fortes sur les propriétaires de terrains vides et constructibles pour les vendre à l’Etat.

La CGL revendique la réquisition par la contrainte. Le gouvernement doit très vite s’emparer du thème du logement et en faire une grande cause nationale car la pénurie de logements et les prix des loyers comme des biens immobiliers vont atteindre un seuil difficilement supportable pour les français.

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