Logement
Point de vue de Pascal Beuvelet, In&Fi Crédits

Evolution du PTZ : le gouvernement joue « petit bras » !

Sylvia Pinel a annoncé une évolution du prêt à taux zéro (PTZ) pour aider les « classes moyennes » à « se constituer un patrimoine ». Avec ce nouveau PTZ, la ministre vise 70 000 bénéficiaires annuels contre 44 000 aujourd’hui, soit une augmentation de plus de 60 %.

Sur le papier, il s’agit d’une bonne initiative mais une fois encore, en matière de logement, le gouvernement joue « petit bras ». Alors qu’il dispose avec le PTZ d’une carte majeure pour prouver sa volonté de relancer l’immobilier, en favorisant le financement des projets d’acquisition des plus modestes, l’exécutif s’enferme dans de nouvelles règles et de nouveaux débats et délais.

Ainsi, les éventuels bénéficiaires devront nécessairement attendre les dispositions techniques qui seront précisées dans le projet de loi de finances pour 2015. Rien de tel pour différer une acquisition dans un marché immobilier atone !

Cette incapacité à faire rapide, simple et lisible est extrêmement pénalisante. Avec la production de multiples règles, de filtres et de calculs, le gouvernement limite ses propres bonnes initiatives en créant des différences et donc des situations de privilèges toujours mal vécues.

Premier filtre réducteur : le PTZ aura une accessibilité réduite à l’acquisition d’ancien, conditionné par la réalisation de travaux de rénovation qui, bien sûr, feront aussi l’objet de nouvelles règles, elles aussi limitatives ! Le PTZ devrait être accessible quelle que soit la typologie de l’acquisition, neuf, ancien avec ou sans travaux, locaux tertiaires reconditionnés en logement.

Deuxième filtre réducteur : le PTZ ne sera alloué qu’à des opérations d’acquisition en centres villes de zones rurales. Ainsi, seulement 2 000 communes sur 35 600 (dont la liste serait communiquée à l’automne) seront concernées, soit moins de 6 %. Avec cette règle, les ménages habitant en zone urbaine ne pourront pas remplir les conditions d’accès du PTZ !

C’est d’autant plus étonnant que Sylvia Pinel est ministre du Logement et de l'Egalité des territoires. Chacun pourra ainsi apprécier le paradoxe : « Le PTZ est une aubaine réduite à ceux qui bénéficieront des obstacles règlementaires pour y prétendre ».