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[EDITO] Tour(s) de force

© D.R.

L’actualité nous ramène une fois de plus les tours au premier plan. Il faut croire que la violente polémique autour de la tour Triangle n’a pas suffi à freiner les ardeurs des investisseurs. Le promoteur russe Emin Iskenderov vient ainsi de remettre au premier plan ses tours Hermitage Plaza en s’assurant le concours du groupe Bouygues qui prend un ticket dans l’opération. Encore une tour objecteront les grincheux, quand les plus sceptiques demandent à voir.

Si l’immobilier reste une histoire de patience et de persévérance, le projet des tours Hermitage s’inscrit dans une nouvelle dynamique qui devrait bouleverser la skyline parisienne. La concentration de tours est appelée à se poursuivre à La Défense où Unibail-Rodamco 209.70€ | +1.11% vient de revoir son projet de tour Phare au profit de tours jumelles. En attendant Trinity, le futur siège de Saint-Gobain…

La frénésie des tours gagne aussi la Capitale. La mairie de Paris a délivré le permis de construire des tours DUO, un projet initié par Ivanhoé Cambridge à la pointe du quartier Paris Rive Gauche dans le 13e arrondissement. En attendant la concrétisation de la tour Triangle, c’est un signe supplémentaire que l’équipe municipale tient bon sur la question de la hauteur dans la Capitale en dépit des atermoiements de sa majorité et du niet quasi-systématique de son opposition.

Pourquoi toujours autant de frénésie autour des tours ? Pourquoi prendre des paris à si long terme quand on voit à quelle vitesse le monde change, à quel rythme les usages évoluent, à quelle rapidité l’innovation se diffuse dans l’immobilier ? Au-delà de l’objet en lui-même, symbole quand même de l’excellence technologique humaine, c’est maintenant sur la question de son environnement urbain qu’il faut travailler.

C’est d’ailleurs toute la réflexion entamée par l’Epadesa qui cherche à sortir La Défense d’un quartier monofonctionnel et insuffler une mixité demandée par tous. L’une des réponses de l’aménageur passe par l’animation des socles des tours, avec toutes les difficultés normatives, réglementaires, fiscales, techniques… que cela suppose.

Cette mixité des usages, des professionnels commencent à la travailler tant bien que mal à l’échelle de l’immeuble. Des étudiants de l’ESTP Paris l’imaginent à une autre échelle. Leur vision du futur de La Défense, premier quartier certifié Green UDM (Usage, Diversité et Mixité), a emporté l’adhésion du jury de l’ASPIM (Association française des sociétés de placements immobiliers) qui organisait, pour ses 40 ans, un concours auprès des étudiants sur « La France de 2035 et son immobilier ». Ils s’appellent Eugénie Mary-Dauphin, Claire Santos et Charles Trarieux. Ils sont jeunes et utopiques. Pourvu que l’avenir leur donne raison.