Logement

[EDITO] Le ministère du Logement, parent pauvre du remaniement

Emmanuelle Cosse dans son nouveau bureau du ministère du Logement et de l'Habitat durable © Joël SAGET /AFP

Une démission sans effet
Avant même l’annonce du remaniement, le ministère du Logement n’avait déjà plus de ministre. En effet, dès le 22 décembre 2015, Sylvia Pinel avait déjà fait part de son intention de quitter la rue de Varenne si elle était élue première vice-présidente de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées le 4 janvier.
Une fois élue, cohérente et en conformité avec l’une des promesses de campagne de François Hollande dans sa désormais célèbre anaphore « Moi, président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local » cette dernière a fait valoir son intention de démissionner à la fin du mois de janvier.
Oui mais, la toujours ministre du Logement de l'Égalité des territoires et de la Ruralité devra attendre jusqu’au 11 février. A l’évidence, ce poste ne méritait pas de provoquer un remaniement.
Il a donc fallu qu’un poids lourd, un vrai, du gouvernement annonce son départ, en l’occurrence Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et au Tourisme, pour que l’histoire s’accélère.

Le ministère du Logement ignoré par les médias
Dès l’évocation de l’imminence d’un remaniement, nous assistâmes à l’habituelle agitation du microcosme politique et d’un déferlement d’articles sur « qui pourrait en être, qui en sera peut-être, qui partira… ». Pour notre part, nous avions désigné Thierry Repentin comme « peu ou prou le seul spécialiste de la question du Logement au Parti Socialiste ».

Las, le ministère du Logement a disparu des radars médiatiques. Sauf à l’évocation du nom de Jean-Michel Baylet, car le logement devait servir à remplacer un PRG par une autre PRG. Mais soyons rassurés, celui qui fut ministre il y a près d’un quart de siècle déclina l’invitation, non pas d’être ministre, mais d’être celui du Logement… les professionnels de l’immobilier apprécieront.

A part cette évocation, les seuls ministères faisant l’objet de pronostics étaient ceux du ministère des Affaires étrangères, de l’Ecologie, éventuellement de l’Agriculture, peut-être un seul grand ministère pour Bercy, voire un changement de Premier ministre.
Mais rien sur le ministère du Logement, enfin presque… car les observateurs comprirent assez vite qu’il fallait faire rentrer des Verts au gouvernement. La COP21 passée, cela devenait urgent. Et si le ministère du Logement pouvait héberger l’un d’entre-eux... Après tout, cela a bien servi, par le passé, à loger Cécile Duflot à l’Hôtel de Castries avec les conséquences que l’on connait…

Le coup de Cosse
A l’approche de l’annonce « imminente » qui dura plusieurs heures, la cause semblait entendue. Le nom d’Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV, était de plus en plus cité comme celui de la future ministre du Logement. Et ce qui devait arriver, arriva.

Dès le lendemain de sa nomination, la nouvelle ministre du Logement et de l’Habitat durable s’est empressée de qualifier de "grande loi de ce quinquennat" la loi Alur de Cécile Duflot. Sylvia Pinel appréciera à son tour. Manuel Valls aussi, lui qui avait promis de détricoter cette loi indigeste.

Notons au passage que la toute nouvelle ministre du Logement a décidé de conserver son mandat de conseillère (EELV) de la Région Ile-de-France, cette fois-ci c'est François Hollande qui appréciera.

Toutefois, il n’est pas question ici de faire un procès d’intention à la nouvelle ministre. En revanche, le pronostic le plus sûr est que celle-ci n’aura aucune marge de manœuvre d’ici au mois d’avril 2017. Au mieux peut-on espérer que l’écologiste Emmanuelle Cosse fasse avancer les dossiers du Plan Bâtiment Durable mis en œuvre par l’ensemble des acteurs de l’industrie immobilière avec Philippe Pelletier à sa tête.