Les événements au Moyen-Orient auront pollué cette nouvelle édition du Mipim. Mais il en aurait été de même quelle que soit la thématique d’un salon professionnel.
Il plane la sombre inquiétude d’un nouveau choc énergétique entraînant une reprise de l’inflation et une remontée des taux d’intérêt pour juguler cette dernière. Une perspective délétère pour les professionnels immobiliers qui ne se sont pas encore remis de la précédente crise.
La peur d’une deuxième lame venant frapper des acteurs et des marchés fragilisés était dans tous les esprits sur la Croisette. Quand bien même il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences d’un conflit dont on n’entrevoit pas encore de porte de sortie.
L’une des réponses sera dans la chasse aux opportunités. Certains sont sur le pied de guerre – à l’image de Blackstone, dont le patron des acquisitions immobilières en Europe, Samir Amichi, nous a confié que l’environnement n’a jamais été aussi positif pour les investisseurs depuis… 2022.
L’autre solution sera dans l’allongement des maturités d’investissement. Le temps est soit le poison, soit l’antidote pour l’investisseur. Pour ceux qui peuvent porter les actifs, il reste urgent d’attendre. À condition qu’il ait encore un usage avéré.
L’immobilier est une histoire au long cours. Une histoire qui se construit dans la durée avec les territoires. On ne peut pas dire que la France se soit présentée sous son meilleur visage lors de la semaine cannoise. Les élus ont préféré les marchés au marché international des professionnels immobiliers. Et c’est bien naturel.
Mais leur absence s’est traduite par une représentation chétive du Grand Paris alors que la région francilienne est le premier moteur économique français et l’une des premières places de marchés européennes. La France a présenté un visage morcelé de ses opportunités avec quelques territoires perdus dans les allées du salon. Je ne préfère pas parler des absents, dont un adage rappelle qu’ils ont toujours tort.
Il manque un collectif, une sorte d’équipe de France qui fédère les diversités et richesses territoriales, urbaines, immobilières. Un collectif auquel on pourrait rattacher un récit qui nous replace dans la compétition européenne, voire mondiale.
Car compétition il y a et il y aura toujours. N’en déplaisent aux pourfendeurs de l’attractivité économique, si l’on veut un partage plus équitable de la richesse, il faut d’abord la créer.
La France a de nombreux atouts à faire valoir. C’est ce que nous ont dit les professionnels de tous horizons, notamment internationaux, au micro de Business Immo. Il n’y a bien que des Français pour ne pas s’en apercevoir.
