En détresse respiratoire depuis la remontée brutale des taux d’intérêt en 2022, le secteur de la promotion immobilière a frôlé l’arrêt cardiaque. Il n’a dû sa survie qu’à l’achat massif de logements en bloc par la Caisse des dépôts, Action logement et les bailleurs sociaux.
On a mesuré toute la fragilité de la filière quand, pour des raisons qui leur sont propres, Bercy a eu la peau du dispositif Pinel. Résultat sans surprise : les investisseurs privés ont déserté les bulles de vente. Une chute de 85 % des investisseurs locatifs et un trou de 50 000 logements locatifs par an. À l’inverse, dès que le gouvernement a réanimé le prêt à taux zéro, les primo-accédants sont revenus et constituent aujourd’hui le socle de la clientèle des particuliers.
Le secteur de la promotion immobilière reste en attente des premiers signes de rétablissement. La FPI mise tout sur le dispositif Jeanbrun. La fédération attend 50 000 ventes de logements neufs supplémentaires dès cette année. « Si on ne fait que 5 000 ventes supplémentaires, cela restera un vrai loupé », a rappelé son président Pascal Boulanger. C’est quand même un bond de plus de 50 % des réservations, lesquelles ont touché un nouveau point bas en 2025.
Côté opérateur, on se veut plus prudent. Ce qui ressort de la présentation des résultats des grands acteurs de la place, c’est que la maladie est circonscrite. Mais on comprend que si la convalescence est entamée chez certains, la guérison prendra du temps. Et pas sûr que le patient, quand il sortira de la chambre, sera aussi fringant qu’auparavant.
C’est un nouveau cycle qui s’ouvre, où les volumes ne seront peut-être pas aussi conséquents qu’espérés. Même si un Premier ministre a promis la production de 2 millions de logements d’ici 2030.
C’est un nouveau cycle où les promoteurs doivent produire un logement abordable en dépit de la sédimentation de normes réglementaires, d’un coût du foncier qui ne baissera pas et d’un coût du crédit qui restera durablement plus élevé que celui de la dernière décennie.
C’est un nouveau cycle où les opérateurs devront restaurer leurs marges. Et l’on a vu qu’elles n’étaient pas aussi épaisses que certains le péroraient ou le fantasmaient.
C’est un nouveau cycle où il faudra redonner de la rentabilité à l’investisseur, qu’il soit particulier ou institutionnel.
C’est un nouveau cycle qu’il faut aborder tous ensemble. Le logement neuf ne pourra régler à lui seul tous les maux du logement. Il faudra, d’une manière ou d’une autre, s’attaquer à la reprogrammation – parfois à la restructuration – de l’existant. Aux promoteurs de montrer leur valeur ajoutée dans cet immense défi.
C’est un nouveau cycle qu’il faut enclencher dès à présent si l’on veut inverser la courbe de la démographie.
Build, baby, build ! Cela ferait un bon slogan politique.