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27 mars 2026 | 16:08 CET

Plus le conflit au Moyen-Orient s’enlise, plus les craintes d’une reprise de l’inflation refont surface.

L’OCDE a relevé ses prévisions d’inflation de 1,2 % par rapport à ce qui était prévu avant la guerre. Elle devrait s’établir à 4 % cette année dans le monde, avant de refluer à 2,7 % l’an prochain.

La France semble être à l’abri, avec une prévision entre +1,7 et 1,8 %, contre 1,3 % anticipé dans son hypothèse de base établie il y a trois mois. Dans tous les scénarios, l’inflation en France restera inférieure à la moyenne de la zone euro, ce qui est perçu comme un avantage pour le pouvoir d’achat et la compétitivité.

Mais pour les investisseurs immobiliers, on sait que la partie se joue a minima à l’échelle européenne. Et clairement, ils craignent que la Banque centrale européenne relève ses taux directeurs pour combattre le retour des pressions inflationnistes.

Cela va peser sur les perspectives de croissance économique. L’OCDE anticipe d’ores et déjà un ralentissement de la croissance mondiale à +2,9 % cette année, contre +3,3 % en 2025. La Banque de France fait le même chemin, nous ramenant sous les 1 %. Une croissance un peu plus résiliente, mais une croissance molle.

L’immobilier est un passager dans cette histoire. Les valeurs des actifs sont indexées sur le niveau des taux longs, lesquels flambent, notamment en France. L’OAT 10 ans a touché un pic à 3,9 % : 60 points de base de plus depuis le déclenchement du conflit.

Ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour l’épargnant, mais pas une bonne pour l’allocation immobilière qui va souffrir de la comparaison avec d’autres placements. On pense en particulier aux SCPI, surtout celles exposées au bureau qui ne se sont pas encore remises du précédent choc inflationniste de 2022.

L’immobilier est un placement de long terme. Mais il va falloir quand même être patient. D’autant que se pose la question de savoir si cette inflation est durablement installée dans le temps. Le professeur émérite Jean-Marc Daniel n’y croit pas, évoquant une inflation à la Cantillon – Richard Cantillon, un économiste franco-irlandais du XVIIIe siècle. Aujourd’hui, nous ferions face à une augmentation des prix conjoncturelle et limitée à certains produits.

Les acteurs du marché immobilier n’espèrent qu’une seule chose : échapper au scénario catastrophe de la stagflation – croissance ralentie et inflation élevée. Car ce serait une arme de destruction massive pour les investisseurs.