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L’immobilier s’engage de plus en plus dans le numérique, malgré plusieurs entraves (KPMG)

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La deuxième édition du Global PropTech Survey de KPMG en 2018 confirmait que la révolution numérique était bien engagée dans le secteur de l'immobilier et que les entreprises de la PropTech étaient en train de transformer une industrie immobilière longtemps considérée imperméable à l'innovation. Un an plus tard, les résultats de la troisième édition de l'enquête confirment la tendance à la hausse de la numérisation sectorielle, tout en mettant également en lumière les obstacles importants à l'entrée sur le marché.

Les sociétés immobilières s'engagent de plus en plus dans le numérique, et la plupart d'entre elles disposent maintenant d’une personne spécifique qui dirige leur transformation numérique. Il s'agit habituellement d'un employé ayant un profil senior. Toutefois, les stratégies numériques à l'échelle de l'entreprise ne sont pas encore la norme, et une proportion importante d'entreprises n'ont toujours pas de stratégie numérique. Les données de l'enquête indiquent que l'adoption des stratégies numériques est en croissance constante. Dans le sondage de cette année, 58 % des répondants ont déclaré qu'ils avaient une stratégie numérique en place, contre 52 % en 2018 et 2017, mais moins d'un tiers des répondants affirment avoir une stratégie numérique à l'échelle de toute l'entreprise. Les sondés sont 28 % à avoir une stratégie en développement et 19 % n'ont pas de stratégie du tout. 

Les sociétés immobilières investissent dans le numérique et collaborent avec les entreprises de la PropTech pour diverses raisons. Cependant, l'accent est mis sur l'amélioration de l'efficacité et de la prise de décisions plutôt que sur la production de revenus ou l'engagement des clients. Ceci est confirmé par les répondants de la PropTech, qui affirment qu'ils sont principalement appelés pour : améliorer l'efficacité (65 % du temps), réduire les coûts (47 %) et améliorer le processus décisionnel (44 %).

« Toutefois, l'enquête de KPMG met en lumière les obstacles importants à l'entrée sur le marché, y compris ceux de nature culturelle, technologique et financière. La technologie a un coût et ne génère pas nécessairement des revenus supplémentaires. Le retour sur investissement n'est pas toujours facile à quantifier », souligne Régis Chemouny, FRICS Partner, KPMG France Head of Real Estate & Hotels.

Quelles entraves au développement du numérique ?

L'enquête de KPMG suggère que les principaux facteurs pouvant limiter l’engagement des sociétés immobilières sont le manque de compétences, ainsi que la culture de prudence et de conservatisme de l'industrie immobilière. Les obstacles identifiés par les sociétés de la PropTech comprenaient le manque de clarté du retour sur investissement (40 %), le fait de ne pas être une priorité commerciale (40 %), l'absence d'une personne désignée pour diriger la stratégie (34 %) et le manque de talents appropriés au sein des sociétés immobilières (27 %).

Le déficit de compétences a été identifié par plusieurs entreprises de la PropTech qui ont répondu au sondage. Un répondant l'a exprimé ainsi : « Les sociétés immobilières doivent être informées des avantages de l'utilisation de la technologie. Elles peuvent souvent se sentir dépassées si elles n'ont pas un poste technique ou numérique en interne qui peut prendre la direction de ces projets. » Selon un autre répondant, les sociétés immobilières devraient « embaucher des experts pouvant faire progresser l'entreprise ». 

Par ailleurs, l’étude met en lumière une inadéquation culturelle entre l'immobilier – qui hésite à abandonner ses pratiques traditionnelles –et la culture innovante prônée par les experts en technologie numérique. Cet aspect « dinosaure » de l'industrie immobilière peut constituer un obstacle considérable au progrès. « Les entreprises devraient s'efforcer de créer et de maintenir une culture de l'innovation qui attire des personnes possédant les compétences appropriées et leur permette de s'épanouir », avance l’enquête.

Enfin, l'absence de stratégie numérique dans un cinquième des entreprises qui s'engagent dans la PropTech est un autre résultat clé. La plupart des répondants ont indiqué que le principal commanditaire commercial des initiatives de PropTech dans les sociétés immobilières est habituellement le propriétaire, le PDG ou un membre du conseil d'administration, ou une autre personne non numérique. « Le développement d'un système numérique est quelque chose que tout le monde essaie de faire en interne au début, croyant qu’ils auront plus de contrôle. C'est une erreur. À moins que vous ne vouliez (ou ne puissiez) mettre sur pied une équipe dédiée à la maintenance du système, vous devriez développer votre concept en interne, puis aller chercher les meilleures solutions possibles », indique Shen Chiu, directeur du développement chez Investa.

« L'écosystème est en place, mais il reste encore des défis à relever. Le réseau immobilier international de KPMG, qui connaît bien les enjeux liés à l'innovation en immobilier, sera en mesure de suivre les initiatives des principaux acteurs du secteur », conclut Régis Chemouny.

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