Tech on me

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L’industrie immobilière négocie son grand virage technologique. Résolument. Définitivement. Et de manière irréversible. Depuis le point d’observation privilégié que représente le Proptech à New York, plus aucun doute ne subsiste sur l’évolution de la filière immobilière. Cette première édition (après un coup d’essai l’an passé), qui s’est tenue le 11 octobre dernier sous l’égide de Reed Midem et MetaProp NYC, a permis de cristalliser la synthèse entre les grands propriétaires immobiliers américains et les jeunes start-up qui, plus que jamais, bousculent leurs lignes. Dans deux directions majeures : financière et numérique. « Cet événement qui est né du besoin de réunir ces deux communautés de l’immobilier et des nouvelles technologies a pour but de trouver un langage commun, des espaces de collaboration, et de créer des règles du jeu communes », argumente Filippo Rean, directeur de la division Immobilier de Reed Midem. Une ambition qui n’aura pas été réservée aux seuls Américains.

Avec 30 pays représentés, dont la France constitue l’un des premiers contingents avec 24 sociétés présentes, le Proptech affiche clairement une dimension internationale, terrain de jeu des nouveaux acteurs du numérique. Une délégation française, emmenée par le Grand Paris, a drainé dans son sillage une quinzaine de patrons de l’industrie immobilière hexagonale. Cette immersion aura sans doute donné des idées à ces grands patrons qui espèrent que la « proptech » fera, en Europe, aussi bien qu’aux États-Unis et surtout aussi bien que la « fintech » qui, elle, a déjà réussi son pari.

Hasard du calendrier, l’immobilier 3.0 se retrouvait cette semaine également en France cette fois-ci autour du salon Rent (Real Estate & New Technology) à la Grande Halle de La Villette) qui fait le lien entre l’immobilier français et les nouvelles technologies. À son échelle, ce rendez-vous dessine les tendances du broker 3.0, qui devra composer avec le virtuel pour exister physiquement. Il amène en parallèle une nouvelle vague d’agents immobiliers qui pourrait faire évoluer une profession figée.

En tout état de cause, l’une des prochaines étapes du Proptech ou de la Real Estech (la sémantique n’est pas encore totalement fixée) sera d’embarquer des capitaux et ce, de manière massive. D’ici 2020, KPMG estime que le financement des start-up atteindra les 20 Mds$… sept fois plus qu’aujourd’hui.