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« L’immobilier doit remonter à la matière première que représente le foncier »

Jean-François Grazi, cofondateur de Business Immo, nous présente la genèse des Assises nationales du foncier et des territoires (AFNT). En association avec le Lifti, les AFNT se dérouleront les 5 et 6 novembre prochains à Toulouse. Elles seront l’occasion de réunir les acteurs territoriaux, les urbanistes et les professionnels de l’industrie immobilière.

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Jean-François Grazi © Xavier Lahache

Business Immo : Vous co-organisez les Assises nationales du foncier et des territoires avec le Lifti. D’où vient cette idée ?

Jean-François Grazi : En mai 2014, Business Immo s'est rendu propriétaire des actifs de l’Association des études foncières (Adef) mise en liquidation à la fin de l’année 2013. L’Adef avait organisé en 2011 à Lille et en 2013 à Bordeaux les Assises nationales du foncier. Très rapidement, avec Marc Kaszynski, à l’époque directeur général de l’EPF Nord-Pas de Calais et ancien président de l’Adef, nous avons décidé de relancer les Assises nationales du foncier et des territoires (ANFT). La création du Laboratoire d’initiatives foncières et territoriales innovantes (Lifti), sous la houlette de Marc Kaszynski, a permis de donner corps à ce projet.

Les ANFT, qui se dérouleront du 5 au 6 novembre prochains à Toulouse, seront l’occasion de réunir les acteurs territoriaux, les urbanistes, les chercheurs et les professionnels de l’immobilier que sont les foncières, le promoteurs, les architectes, les experts et tous ceux qui s’impliquent dans la fabrique de la ville. Les ANFT ont pour ambition d’être le point de rencontre vers lequel vont converger les idées et initiatives sur la question foncière et le développement des territoires. L’immobilier doit remonter à la matière première que représente le foncier. Notre conviction est que plus nous nous rencontrons en amont, meilleures seront les solutions aux questions complexes du développement des territoires.

BI : Pourquoi cet intérêt ?

JFG : L’intérêt des ANFT n’est pas que celui du foncier ou de l’immobilier, mais celui du foncier avec l’immobilier. D’autant que cet intérêt lié se reproduit également au moment de la reconversion et de la reconstruction. L’époque où l’on raisonnait en silos est révolue. Tous les sujets sont devenus transverses. Les premiers dans l’industrie immobilière à l’avoir intégré sont les promoteurs qui sont devenus des intégrateurs de solutions. Le concept de « fabrique de la ville » n’est pas une vaine formule à la mode, mais une véritable prise de conscience que ce qui se décide en amont doit être accompagné par l’ensemble des intervenants de la chaîne et ce, le plus tôt possible.

C’est dans cet état d’esprit que Business Immo a décidé de relancer les ANFT. C’est également dans ce même état d’esprit que nous avons décidé de développer, avec iread (immobilier, recherche, études, analyses, data), une activité de traitement des data afin d’analyser l’information sur l’ensemble de la chaîne des décisions. Par analogie, je dirais que la data est à l’information ce que le foncier est à l’immobilier : une matière première qui ne demande qu’à être développée, enrichie, optimisée.

BI : Vous êtes par ailleurs un spécialiste des data et du numérique. En quoi et comment ces derniers impactent-ils le foncier et les territoires ?

JFG : Le numérique est propre aux outils qui permettent un traitement plus rapide des data. Ce qui importe, ce sont les data. Entendez par là qu’il est important d’identifier la source et de vérifier leur qualité. Pendant trop longtemps, les data ont été notamment utilisées pour additionner des mètres carrés et obtenir des moyennes de valeurs. Le raisonnement en silos prévalait également dans l’usage des data. Chacun produisait son étude sans la rapprocher des autres. En ce sens, l’industrie immobilière a pris du retard. Le temps est venu d’intégrer des data territoriales, démographiques, sociales et économiques dans nos analyses.

En effet, si l’immobilier reste notre préoccupation majeure en termes d’analyse des marchés, nous ne pouvons plus nous affranchir des évolutions que connaît notre société. Les effets de la mobilité, l’arrivée des nouvelles générations ou l’évolution des modèles économiques impactent durablement les nouveaux comportements des utilisateurs finaux. Ceci est vrai sur les marchés B to B et B to C, au point que, désormais, nous sommes dans une approche B to B to C de nos activités.

Aucune industrie ni métier n’échappent à cette exigence de compréhension. Non seulement les data nous permettent d’analyser nos marchés respectifs, mais elles nous donnent l’opportunité, grâce à la connaissance des autres marchés et des comportements des utilisateurs, de mettre en place des outils prédictifs. Cela vaut pour les territoires et l’immobilier qui doivent échanger leurs informations respectives et les mettre en commun.

BI : Que peut-on attendre de l’événement des Assises nationales du foncier et des territoires ?

JFG : Les ANFT correspondent-elles à une attente ? La réponse est dans l’initiative conjointe du Lifti et de Business Immo d’organiser cet événement.
Marc Kaszynski l’a très bien défini en indiquant que notre souhait était de provoquer « des rencontres improbables ». Ces deux journées sont la promesse d’un dialogue qui permettra aux acteurs des territoires, de l’urbanisme, de la finance, des entreprises et de l’industrie immobilière d’échanger et de mettre en commun leur volonté de fabriquer la ville. Chacun le fera à travers son prisme, son métier et son modèle économique. Ce qui compte, c’est de trouver des chemins de convergence. Les ANFT doivent également être l’occasion de dialoguer avec les instances représentatives des élus et des citoyens.
De ce point de vue, nous ne pouvons que constater que le sujet est d’actualité !

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